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007

007

 

Il est sans doute très difficile de dire quelque chose de ce feuilleton qui parcourt le cinéma depuis 1962 sinon d’y reconnaître une mise en place du film américain dans sa narration, sa découpe, l’usage de tel ou tel acteur, la référence constante à une dramaturgie idéologique des conflits mondiaux

James Bond contre Docteur No

 

réalisateur Terence Young

Sean Conery

Ursula Andress

le héros est donc sophistiqué, séducteur compulsif, sexy donc,  tueur sans scrupule

 

l’araignée tueuse fait un gentil clin d’oeil à ce sexe supposé maîtrisé, tout comme le charme de l’Ursula des plages qui se retrouve étrangement fagotée au final,

heureusement qu’il y a le méchant mais il n’a plus de mains

 

on ne résiste pas à une jolie brochette de méchants dont la très ridicule russe de bons baisers de russie du même Young

 

ne jamais non plus oublier la secrétaire du boss, maternelle

ni le patron bien sûr

« _ James, je crois que ma bouche est trop grande… »

 _ Non pas pour moi »  

la fille du début passe dans les deux premiers films

 

est ce le héros ou son double méchant? l’un est l’autre nécessairement.

d’ailleurs l’héroïne  est à table avec les deux

Goldfinger et opération tonnerre mettent en jeu plus ou moins les mêmes, un type qui veut voler tout l’or du monde et recouvre une femme d’or pour la tuer, un autre du Spectre qui veut voler la bombe, toujours des histoires paranoïaques et un 007 sauvé heureusement par l’humour. C’est une industrie et à ce titre c’est le processus qui demanderait d’être examiné, marketing, idéologie, finances. Il faudrait aussi chercher du côté du supposé metteur en scène Young pour l’instant 3 sur 4

 ON ne vit que deux fois s’inscrit dans un genre visiblement essoufflé où  l’intrigue demeure très peu convaincante alors que tout se reporte finalement sur le dossier technique, le décor fantastique énorme au budget d’un million de dollars, les épisodes du casting où la japonaise a du mal à parler anglais

.

Au service secret de sa majesté est un drôle de truc, l’acteur n’est pas OO7, le récit n’arrive pas à démarrer puis devient assez incompréhensible , le méchant est assez crédible même si son histoire de jeunes femmes phobiques transformées en agents vecteurs de virus empêchant toute reproduction vivante est assez bizarre, un fantasme de sida avant la lettre il est vrai paradoxalement. Les corps sont très poussifs, le héros n’arrive pas à séduire d’autant qu’il finit même par se marier. 

Avec Les diamants sont éternels, nous renouvelons avec la valeur sûre Sean qui joue une dernière fois pour sa fondation écossaire. L’histoire d’un voleur de diamants qui veut fabriquer l’arme absolue de destruction. Heureusement qu’il y a cet étrange couple de tueurs gay qui ponctue l’affaire de leur travail précis et efficace jusqu’à ce que bien sûr OO7 les fassent disparaître, la réapparition du méchant cloné que l’on croyait mort n’ayant guère d’effet dramatique

Vivre et laisser mourir fait surgir un nouveau Bond , Moore donc qui a quelque mal à incarner Sean, le montage est toujours le même et l’humour sauve ou détruit plus d’une situation. Le grand méchant explose de manière ridicule. Seul le chef des morts vivants a un peu de panache , en tout cas plus que le gros bras métallique à la prothèse stupide. Les femmes sont insipides, surtout l’héroïne soit disant vierge et extralucide

 

L’homme au pistolet d’or est une reprise du précédent, en pire, malgré Lee et son domestique, les filles sont plus que pales et  le combat mortel réduit à un jeu vidéo vieillot. A se demander si Moore pourra jamais arriver à réveiller le héros presque mort par un genre de comédie poussive, sans aucune invention

 

L’espion qui m’aimait semble ouvrir une porte nouvelle où l’humour se met au service d’une histoire de maître conséquent, où l’héroïne est assez crédible et en miroir d’un OO7 toujours un peu pâle, propre, tueur pas très franc et amant de cliché, mais Requin est un vrai personnage, c’est d’ailleurs du côté du mal que l’on attend toujours un peu de vivacité.

 

Moonraker est une agence de voyages, Paris, Venise, Rio, Yucatan, etc... les femmes magnifiques, Bond toujours un peu figé, comme Lonsdale d’ailleurs dès lors qu’il quitte sa fonction de maître fou qui veut gazer les hommes et rétablir une race supérieur, bref tous les ingrédients ordinaires du fascisme le plus capitalisant, il y a aussi Requin et sa fiancée frankenstein, ce qui est un des rares traits d’humour de ce spectacle sans auteur, bien sûr le héros est la navette spatiale made in USA

 

Rien que pour vos yeux est un film plutôt inconsistant, est ce l’usure d’une vision de série somme toute assez indifférenciée? est ce cet opus fabriqué avec les trucs ordinaires à savoir des paysages, mais le héros est déjà poussif, les Bond girls sans érotisme , y compris la fade Bouquet. pourtant les Météores, la rivalité des deux grecs, les scènes de neige... pourtant. Est ce tout autant les circonstances de vision qui donne cet effet de surface? On est sans doute avant tout dans un espace de pubs plutôt mal faites et le mode associatif du web en fréquence peut alors produire à l’infini des connexions possibles d’un film après tout possible. On peut craindre pour la suite

 

 

Octopussy est un film dans la même lignée, acteur poussif, scénario sans intérêt, le méchant est un russe paranoïaque qui veut envahir l’Europe et utilise la couverture d’un trafic de bijoux historiques, le tout caché dans un cirque pour faire exploser une bombe chez les occupants américains d’Allemagne. Un passage en Inde ne semble justifié que par le décor et par l’usage du chef des soldats du second méchant qui est un hindou cruel

 

bien sûr on peut toujours dire que le film trimbale avec lui sa symbolique

 

Dangereusement votre atteint des sommets de nullité, cet ultime Moore est poussif, lent, sans aucun ressort, les mobiles du méchant sont sans aucun intérêt, le fond politique est confus, bref un film inutile. Grace Jones y apporte son côté androïde monstrueux. On en vient à se demander comment le personnage va ainsi pouvoir franchir l’audelà de cette quatorzième version

 

 

Lorsque Timothy Dalton vient prendre la suite, pour Tuer n’est pas jouer, ce n’est plus finalement de Bond dont il s’agit tellement le personnage est pâle, bien plus physique certes, par contre le voici romantique, d’une fidélité totale au service de l’instant du regard de la mise en amour, les scènes d’action sont plutôt réussies, l’Afganistan superbe, antisoviétique à souhait et le chef bandit pour l’amour d’une femme donc attaque le camp russe à cheval, les méchants sont assez fous et crédibles, bref la sauce espionnage comme Hollywood sait le produire

 

 

faisons comme Bond laissons nous porter par l’héroïne

 

 

Permis de tuer est visible ment en roue libre, l’acteur aussi vide et l’histoire se limite à la lutte perso contre un trafiquant de drogue un brion mégalo, un film d’espionnage monté sur des trucs qui, mis bout à bout, sont sensés produire des effets, c’est à la fois très compliqué et linéaire, on se demande quand même quand donc la série va finir.

 

 

Avec Goldeneye, Bond reprend enfin du service. Pierce Brosnan retrouve le style distant, cruel, efficace, etc...les girls sont prises au couple d’opposition basal, Izabella Scorupco qui se métamorphose peu à peu tandis que la terrible Famke Janssen étouffe ses amants entre ses cuisses, mais au delà d’un scénario classique , demeure la lutte fratricide, les poursuites remarquables, les meurtres en série, déplacements incessants et des moments de pure poésie, la rencontre de 006 et 007 dans les débris des gloires soviétiques

 

 

Demain ne meurt jamais poursuit cette route classique, cette fois contre un patron multimédia prêt à tout pour asservir le monde à la propagande, affaire donc un peu politique mais selon un rythme rapide, un Bond toujours distant et deux héroïnes superbes, la second soulignant quand même la “forme” physique du héros, ce film se voit avec l’idée d’une nostalgie, celle d’un monde qui file vers sa disparition nécessaire, et sans doute souhaitable

 

 

Le monde ne suffit pas, hélas, cette fois la sauce ne prend plus, il est vrai aussi que Marceau joue mal, que Pierce est empâté et que la multiplication des trucs et des machins finit par ressembler au pire schwartzi, et la seconde héroïne est très pâle, et le méchant presque paralysé, et la première certes mais elle ne vit pas assez longtemps

 

 

cette scène aurait dû normalement être plutôt basic instinct! mais rien ne fonctionne

 

 

c’est tout à fait ça, il est posé à côté de sa belle auto

 

Avec Meurs un autre jour nous achevons le cycle même s’il serait toujours possible d’ajouter un opus, mais cette traversée du cinéma populaire montre les limites d’une recette qui n’est qu’une combinatoire de personnages et de moyens, Brosman prisonnier, torturé, abandonné offrait un début nouveau qui rapidement se noie dans la reprise d’une histoire simpliste où les performances fatigues, les objets indifférents tout comme dans le fond les héroïnes, Halle Berry ou Rosamund Pike ou même Madonna

 

 

 

Casino Royal essaie de renouveler le personnage au prix d’introduire dans la marionnette des composantes qui se veulent humaines, brutalité, maladresse, amour, deuil, mais le bonhomme ressemble à Poutine, et d’ailleurs l’histoire est complètement inintéressante, la partie de cartes interminable, les héroïnes pâles, bref tout ceci est bien triste, mais il semble que la série doive se poursuivre, dans le fil des autres séries sans fin et sans vie

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