avec 8 1/2 s’ouvre l’oeuvre qui tourne le dos au néoréalisme, puise ses forces dans la Dolce vita dont la scène finale sera l’élémentaire de la suite, le récit déjà surabondant va se pulvériser en diverses scènes thématiques, narratives, oniriques, l’auteur au coeur de l’affaire est le metteur en scène lui même comme double pulvérisé entre son travail, l’invention, les acteurs directs et indirects, y compris sa vie possible, l’épouse, les actrices maîtresses, les curés partout comme fond de surveillance depuis l’enfance, et les personnages qui errent en marchand depuis les défilés de bonnes soeurs, de riches, de pauvres, les secondaires un instant en lumière, la musique de cirque qui ponctue la pantomime, le rêve d’un réalisme cru, l’imaginaire possible, le sacrifice de la cohérence pour une image, l’enfance hallucinée qui se confond avec le réel, l’oeuvre ouverte qui se perd dans son caractère infini, un monde qui défile en entier devant nous, l’oeuvre totale dans sa présentation la plus artificielle, tout est décor et les visages sont des masques, il n’y a plus d’âge, et les morts se mêlent aux vifs doucement
l’histoire raconte de Fellini deprime lors de la Strada
on peut supposer que c’est là qu’il rencontre son psy jungien et la scène de suffocation sur le divan qui est peut être le début de 8 1/2
le psy raconte que le maître fantasmait la femme idéale voluptueuse , est-ce à cette époque qu’il rencontre sa maîtresse officielle sur le fond du deuil d’enfant, sorte de coagulation archétypale du transfert
le héros étouffe dans le réalisme et s’envole et la prise d’air l’oblige à rejoindre un lieu thermal indéterminé où se croise la mémoire, les rêves et le film de science fiction à écrire
le film devait se finir en deuil mais le co scénariste l’aide à rectifier ce réalisme, d’où aussi le clivage du narrateur, le film dans le film, la menace onirique de Truffaut qui devient un cardinal des thermes, entre nuit et lumière, mort et vie, c’est le huitième et demi films pris dans la bande moebienne de la pellicule, poussé et repoussé par le jeu des femmes intellectuelle froide et femme sensuelle, il faut mourir pour renaître, tout inventer, le récit de sa vie comme la fiction du film, tout