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Coppola

Coppola

 

Ouvrir par le Dracula est effectivement prendre la grande porte narrative, le style donc mais dans ce cas précis l’inscription dans la série des vampires qu’ouvrent Murnau et Dreyer. Coppola doit donc inventer quelque chose à la fois technique, l’échange des sangs, et surtout sexuel, puisqu’il n’y a d’amant digne de ce nom que celui qui peut revenir depuis les morts. Le fond gothique et pesteux devient plutôt un LOndres reconstitué autour de la magie du cinema naissant d’ailleurs plutôt érotique, le chasseur de vampire est un Hopkins magnifique bien sûr plus meurtrier que ce qu’il chasse  car il sait la jouissance de la haine. Les apparitions diverses sont ce par quoi justement la haine se lit, depuis les rats, le diable, le vieillard très proche du vieux Casanona de Fellini, l’espèce de chauve souris verte... mais l’essentiel est cet homme à la fois tendre et puissant. Comment ne pas être vampire?

d’un point de vue encyclopédique, le roman de Bram Stoker, le personnage historique de Vlad Tepes, le film de Murnau,  celui d’Herzog, celui de Tod Browning

le film de Fisher, ... c’est un sujet immense qui mériterait une séquence entière parce qu’il traite du monde et de sa représentation.

 

 

 

Avec Tetro Coppola nous livre un opus d’une rare distinction qui tranche sur le ramassis de pseudo opus qui encombre les écrans; Disons tout de suite que la fin narrative est en rupture avec le reste , à moins d’y voir une auto-dérision puisqu’il n’est question justement que d’une fin qui ne doit pas venir , il ne faudrait conclure et d’ailleurs cette histoire pourrait se suffire à se perdre dans son propre labyrinthe d’autant qu’il s’agit de mettre en acte la lumière, le temps, la création, grâce à une maîtrise étonnante du cadre et du montage, de mises en abîme qui se jouent du narratif et du réel, de la fiction et du vrai, ce monde est schizophrène de la bonne façon et impose cette logique propre à un récit qu’on ne peut lire qu’après déchiffrage et retournement, la musique envahit l’image et la danse d’un corps est celui d’un autre, ce monde est joyeux car tragique, les personnages sont hors du semblant et la lumière éclaire les yeux de la mort qui cherche toujours qui écraser, sourire et larmes affleurent sans cesse percés par les clair obscur qui imposent la ludique des déplacements, oui le monde est une farce et chacun, dans le meilleur des cas , arrive à noter le réel de son sang, bercé par la camarde qui se rit de l’espoir

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