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Heuristique de la peur

Heuristique de la peur

 

Voilà c’est fait. La Birmanie est revenue au calme.

 

Comme en 1988, les militaires ont rétablis l’ordre troublé par une bande d’agités idéalistes , religieux même pas chrétiens, le scoop médiatique se referme, très joli sujet comme la famine en Corée du Nord, beaucoup plus en tout cas que les morts dans les zones d’occupation américaine. Rien à crainte donc, sauf peut être le visage de la caricature du maître moderne qui laisse supposer ailleurs la liberté, et donc la crainte que ça finisse mal si on pense trop. 

Sur place pas de problème. Délaissant la guerre contre les rebelles karen, la 22e division de l'armée birmane a pris position dans Rangoun. Ce sont ceux de 1988 qui ne parlent même pas birman et sont des enfants soldats d’origine. Ils peuvent intervenir d’autant plus facilement que les réseaux web et téléphonique laissés ouverts jusque là on permit de localiser les plus agités. Du point de vue international, aucun risque puisqu’il y a des réserves énergétiques. 510 milliards de mètres cubes de réserves de gaz prouvées et 2500 milliards de mètres cubes de réserves estimées.Ceci intéresse directement la Chine, l’Inde, la Thaïlande, la Russie

 Ainsi la Chine, avec ses énormes besoins énergétiques, mais aussi l'Inde (alors que 100 000 manifestants défilaient dans les rues de Rangoun, l'envoyé de New Delhi signait des contrats d'exploitation gazière pour un total de 150 millions de dollars), la Thaïlande et la Russie. De plus  le faramineux programme d'aménagement du Mékong, soutenu par la Banque asiatique de développement, censé déboucher sur une zone de libre-échange regroupant tous les pays riverains du fleuve: Chine, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos et Vietnam. Il n’est donc pas question de bouleverser tout ça par quelque procès retentissant sur les méfaits économiques de la junte.

 

Donc affaire close et dans son mouvement le journaliste évoque la sarkoécologie , ce qui amène un intervenant à évoquer une société de la peur et même, en paradoxe, une heuristique de la peur. Information prise, il convient d’y regarder de plus près sur cette notion fort statistique qui rejette le formalisme pur pour un empirisme opératoire. Risque éthique sans doute majeur et question sur la fascination certaine du chaotique du signifiant

Il s’agit donc de fonder un empirisme pratique opératoire, distant d’une analyse scientifique jugée trop complexe voire impossible. Il s’agit de prendre appui sur l’intuition induite par des situations particulières favorables. A partir de quoi l’introduction d’algorithmes pourra se faire, par réduction par exemple de la complexité mathématique. L’idée de preuve relative n’est pas en principe exclue.

L’orientation sur un graphe va s’opérer d’un point à un autre selon l’intuition de direction à priori. Ce sera bien sûr plus difficile si on exclu ce dernier point, comme pour un labyrinthe. Mais il ne s’agit pas d’opérer en termes de vérité mais selon un résultat, d’où l’idée de quelque chose d’admissible ou non, finalement en terme de coût. L’itération d’un processus de vérification de l’admissibilité d’un nœud à l’autre se fait toujours en fonction d’un but optimal dont on peut se demander s’il n’est pas tout simplement un nœud de décision.

c’est effectivement bien éloigné d’une démarche scientifique c’est à dire selon une éthique réel.

Cette espèce de bricolage local autorise d’ailleurs et cependant une position méta qui associe  une forme d’algorithmes d’optimisation stochastique, hybridés avec une recherche locale. On peut parler d’algorithme évolutionnaire. Le champ d’application est vaste, physique, biologie, éthologie. Par exemple les effets en physique de la génétique algorithmique des fourmis?Il s’agit formellement d’optimiser par un outil minimisant afin qu’advienne un état proche de la commande, et ce même s’il y a plusieurs objectifs à atteindre. Comment acheter du gaz birman tout en évitant de trop grands massacres qui pourraient nuire au tourisme et aux investisseurs? On voit bien qu’il ne faut surtout pas avoir des connaissances sur l’économie du gaz, la politique, l’écologie, etc...

Sous couvert d’ergodique soit d’une permanence du maintien de toutes les solutions possibles, le coût se joint au temps pour oeuvrer au plus vite.

Le voisinage de la problèmatique s’il semble être un facteur local nécessaire demeure un point de difficulté noté tout simplement rugosité, à moins de parler de voisinage variable, comme déplacer la fourmilière avec le graphe, délocaliser en quelque sorte le voisinage, avec un rapport de mémoire du processus plus ou moins flou. en effet le voisinage variable va devoir aussi intégrer la mémoire du processus. Délocalisation amnésique? En tout cas on n’est plus aliéné à un type de structure donnée qui elle aussi va varier avec le processus qui lui n’a bien sûr aucune structure.

Le descriptif général de l’heuristique est avant tout une dérive sémantique depuis l’optimisation de méthodes stochastiques à visée prospective évolutive, selon des analogies biologiques , jeu de vie, automate cellulaire, programmation génétique, système immunitaire artificiel , colonie de fourmis, aux évidentes connections éthiques d’où l’introduction de la notion de tabou, voire d’entropie. En somme un métadiscours qui viendrait induire une logique statistique absolue

 

.la métaheuristique cherche l’optimum global G sans tenir compte ni des discontinuités D ni des optima locaux L

 

il y a une sorte de visibilité virtuelle du phénomène, un clonage para-réel

Nous sommes ainsi amenés à interroger un point de vue plus philosophique , celui de Hans Jonas

 

 

 

Le travail de Hans Jonas à la suite de Heidegger poursuit la critique de la technique. Enfin plutôt par le biais d’une interprétation de Marx, à savoir le contradictoire entre liberté et nécessité. La modernité impliquerait une transformation éthique en rapport avec l’exclusion du non humain, l’anthropocentrisme, la disjonction homme technique, l’incommensurable spatio-temporel. A l’arrière fond se profile un anti-humanisme pratique moderne en effet puisque la modernité serait celle d’un impératif collectif qui déplace la responsabilité loin de la proximité. Il y aurait une sorte de superstructure technique qui impose à l’agir humain une autre perspective que celle induite par un savoir. En particulier l’état est la nature même comme extension technique. Il n’y a pas d’humanisation de la nature.

Vision apocalyptique qui aboutit à un étrange appel au sacré  "savoir si sans le rétablissement de la catégorie du sacré qui a été détruite de fond en comble par l'Aufklärung scientifique nous pouvons avoir une éthique capable d'entraver les pouvoirs extrêmes que nous possédons aujourd'hui et que nous presque forcés d'acquérir et de mettre constamment en œuvre." 

Voilà que l’Autre mis entre parenthèses par Descartes, logiquement barré par Gödel refait surface pour sauver l’homme robot qui, de fait, tremble de peur, homme qui, privé de raison kantienne, ne peut référer qu’à une pure matérialité. Devenu chose l’homme ne viserait de fait qu’un bien collectif, celui de la série à laquelle il se trouve réduit. Exit l’autonomie de la conscience morale, exit les Lumières, exit la responsabilité vis à vis de tout homme puisqu’il n’y a plus de sujet de la conscience (et encore moins de l’inconscient) mais un sujet statistique pris à la toute puissance bonne par nature de la technique.

 

 

Là s’opère une sorte de retournement naturel qui viendrait puiser dans un monde naturel statistisé les principes paradisiaques de ses valeurs. L’impératif statistique et technique se double d’un fantôme primaire redondant. Après tout l’heuristique généralisée engendre tout autant l’idéologie statistique qu’elle suppose.

 

 

Nous étions dans l’obscur des chiffres, nous voici parcourant le livre révélé de l’Autre anonyme du capital, celui d’une problèmatique d’avenir homme-nature, selon le règne nécessaire du libéralisme. En somme tirer la leçon du double échec nazi et communiste du capitalisme pour une sorte de messianisme naturel et libéral

 

 

Là règne cette angélisme ordinaire qui voit tendanciellement une sorte d’égalitarisme pratique faisant fi et de la misère interne au système et des destructions périphériques (il est vrai que la mondialisation met rapidement tout le monde au même point) 

 

 

Dans ce monde du travail totalisé, il n’est aucune liberté puisqu’il n’y a que l’emprise du travail aliéné à une nécessité collective fondée sur la pure logique d’une heuristique de la mort. Hors du travail, il n’est point de loisir légitime puisque l’impératif de la mort est total. Ce qui est loin de la critique de Marx qui voit dans le capitalisme le double destructeur du travail et de la terre. La terre ne peut être sans limite mais n’est pas pour autant une intention hostile dans cette limite même.

l’horizon catastrophique est restrictif et douloureux, prolifération humaine et productivité nécessaire de fait toxique. Certes la technique n’est mortelle que parce qu’elle est au service du moindre coût, maxi profit à court terme.

La question s’ouvre du côté et d’une écologie religieuse et d’une technologie sans raison gouvernante de sa logique de développement. En tout cas l’idéologie de la peur convient bien à l’homme statistique

 

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