Seven chances
Stephane Goudet introduit avec fièvre cet opus sans cesse indiqué comme génial et sans doute que le démontage des séquences de début permet de situer de manière plus précise le génie en acte, pris d’ailleurs dans la machinerie des studios. Il est indéniable qu’il y a là prouesse de construction hardie et cette réflexion sur le démontage du temps est bien un thème incessant dans cette course à l’amour argenté. Certes il y a de nombreux effets comiques mais il est non moins évident que tout ceci n’est guère drôle et que ce personnage pris dans cette corse folle, poursuivi par une armée de femmes mariables est tout sauf un personnage comique; au contraire c’est bien d’un sujet métaphysique dont il s’agit, un peu à la manière de Beckett. La rencontre de ce sujet avec un réel parfaitement déchaîné pourrait faire penser à de terribles dévoilements dès lors que le factice du montage ordinaire ne tient plus. Keaton est sans doute aidé parce qu’il part d’une pièce parfaitement stupide et qu’il n’a à défendre que l’impossibilité justement de pouvoir soutenir une telle histoire. Et s’il y a quelque comique c’est justement au seuil de cet impossible qui comprend déplacement instantané au programme.