A propos de la forclusion du désir dans les espaces de phase
Il n’est pas hasardeux de rapprocher la “portraitude” des candidats à la charge leader maximo avec le spectacle des “histrions” qu’il est possible de voir en ces jours de juin 2007. En effet le montage médiatique d’un couple populiste vendu comme une marque de lessive est directement en rapport avec le montage spectaculaire qui suppose que parce qu’on réunit un peu de Kustorica,
de Novarina
et de Royal De luxe,
on va réussir à transformer de l’agitation en énergie.
des effets ordinaires de couple
une bonne tête
le visage convulsif du pouvoir
et le ballet des vieux danseurs qui sont à l’évidence déjà d’un autre monde
Que ce soit du côté de l’UMP transformé selon les principes d’une quelconque entreprise ou du PS rallié à un effet de désignation massmédiatique, le même processus est en jeu qui tend à faire disparaître la politique dans l’économie libérale, réduire la démocratie à une valeur boursière. La variante entre un petit père de la nation autoritaire, caractériel et soudain d’une étrange douceur et une mère bcbg prônant les valeurs dont le vainqueur de Verdun faisait usage, il s’agit toujours de s’emparer du pouvoir pour réaliser les grands objectifs que les maîtres du monde proposent, il s’agit de laisser croire qu’il y a toujours quelque chose d’une incarnation de l’autorité qui soit visible puisque l’insupportable serait bien sûr de s’apercevoir que le maître anonyme est parfaitement acéphale et barbare.
Dans ce monde du spectacle réalisé juqu’au point de pouvoir user de la propre description de sa représentation, il est un peu normal que les jeux du cirque s’organisent de façon de rendre illusoire toute pensée critique et la scatologie théâtrale oeuvre tout à fait en ce sens
Il y a une raison discursive à la question du semblant dérisoire de l’incarnation du S1, c’est d’une part de soulager les projections oedipiennes sur lesquelles se construit le travail, d’autre part d’introduire un sentiment de liberté puisque l’incarnation est visiblement stupide mais en même temps si peu réellement cruelle. L’évocation d’Hitler semble une réalité rejetée à la périphérie du système central de mondialisation, ce qui ne va pas sans difficultés puisque justement le monde est entièrement capitalisé. Il y a donc une autre nécessité structurelle cette fois c’est de pouvoir opposer une langue universelle, l’anglais informatique, à des langues régionales où des policiers dotés de moyens de contrôle absolus peuvent localiser les éléments différentiels qui ne cessent de produire du signifiant en lieu et place du signe universel. Parce qu’il y a du langage articulé par des parlêtres, l’objet ne cesse de se délocaliser, d’où la nécessité de reterritorialiser ce qui fuit sans cesse .
Mais la force du Capitalisme tient aussi à son pouvoir de désymbolisation et nous l’avions remarqué à propos de Joyce, c’est plutôt du côté de l’Autrejouir et non pas de la jouissance phallique ou de la jouis-sens que l’erreur de nouage produit le plus grand effet de dissociation puisqu’alors l’imaginaire se trouve directement et uniquement noué au réel, d’où la tendance naturelle du capitalisme à produire des variantes de la mise à mort des sujets. Le camp apparaît toujours comme le modèle électif où l’exploitation de l’homme va jusqu’à sa chair (nourriture, expériences...), l’effacement du nom, la marchandisation totale mais selon un axe lugubre finalement trop visible. Il n’en est plus de même lorsque l’effet thanatique de désymbolisation s’exprime à travers les circuits de la nourriture ( exemplaire le circuit du poulet, celui du poisson... à la fois parce qu’il entraîne la mort de l’un pour nourrir l’autre mais aussi la concentration de mutations organiques mortelles selon le paradigme de la “vache folle”) , les circuits de la drogue, ceux des capitaux, des modes de représentation ( comparer un instant de dernier Spiderman et le dernier Rivette) etc etc
Il conviendrait de repenser la question de l’Etat à partir de Carl Schmitt, à partir de Spinoza et de Foucault. Ce serait sans doute quelque chose d’assez utile pour poursuivre le travail de Freud (le malaise, l’avenir d’une illusion, ...) et de Lacan (l’envers de la psychanalyse...)
De fait, les jeux sont faits et ce qui se voulait programme de la vérité devient vérité du programme, le travail, l’ordre, la nation, voire l’eugénisme biologique Faute de pouvoir penser le politique comme ce qui met au centre de ses réflexions le rapport de l’homme avec le réel, c’est à dire sur des réflexions éthiques, il ne reste plus que le vieux fond identitaire au service de la plus totale réduction du parlêtre aux signes. Vient alors la nécessité de regarder enfin les choses dans le miroitement natif
se soumettre à l’épreuve puisqu’il faut (enfin?) repartir des choses les plus basales, les espaces de résistance du côté du signifiant dans la rudesse d’un lieu d’effarement de la lettre, là où se tient justement la force du capitalisme. D’ailleurs cet effarement insupportable est pris à la tentative d’en clore le hurlement au titre d’une lecture où finalement la caricature d’un père est un apaisement, bien que celui ci soit obligé d’effectuer un travail de réécriture, de brouillage des termes