allen
Vicky Cristina Barcelona
l’opus d’Allen demeure semblable aux autres, une comédie new yookaise déplacée en Espagne, pas de montage, remplacé par la voix de l’auteur qui raconte, des personnages à peine tracé qui n’ont guère de consistance que supposée, un phallus primaire, obligé à séduire des femmes qui sont d’accord pour tout, donc réduisant le don juan à son organe, il est sensé peindre mais on n’en perçoit rien, chacune est dans son rôle lisse, la mariée rêve d’un amant puisque le lien conjugal est entre l’enfer et l’ennui, la solution moderne du trio ne fonctionne que dans l’ironie, aucune sociologie, ces gens flottent dans la jet d’un point à l’autre du globe sans attache, la comédie devient ainsi légère et donc très vulgaire dans le fond, d’autant qu’il y a par ci par là l’ébauche de quelque chose d’un peu plus consistant, c’est dans le fond le risque de la comédie d’inconsister réellement, puisqu’elle se joue des effets de couches, la monstration du fantasme demeure du domaine de la fantaisie , aucune incarnation possible et c’est finalement le corps du spectateur qui pourrait remplir le vide de la représentation, problème toujours de l’en soi et de l’hors soi de l’oeuvre d’art
le bel inconnu
qui ne rêve de l’autre de l’amour et qui peut prétendre le rencontrer, l’avoir perçu, chacun court après un autre, tel l’écrivain raté qui ne rêve que de la femme d’à côté, au point de se mettre à rêver à sa femme dès qu’il se trouve justement de l’autre côté celui qui parle à son épouse morte, et celle qui choisit des bijoux pour sa rivale, et la prêtresse qui tire les ficelle au moins de l’argent, l’opus file avec bonheur au pays des illusions , et nous entraîne au delà de la comédie, puisqu’il n’y a de conclusion que notre propre vie, la pantomime plus ou moins pitoyable où nous évoluons, et l’homme qui vole le manuscrit de l’ami qu’il croit mort et le vieil homme qui croit pouvoir encore et encore jouir, quitte à épouser une prostituée stupide sans pour autant obtenir autre chose que de la trouver entre les bras du masseur, et la fille qui espère l’argent de sa mère pour devenir la rivale de son patron qui la éconduit
Midnight in Paris
Allen demeure faible et plaisant, même si parfois ce collage snob et gentil se perfore d’effets presque étranges ce qui est le cas de cette fable convenue et traversée d’un possible, sans doute projectif mais bien dans cette structure légère du temps qui se fissure pour projeter le héros fatigué dans un espace temps où il s’éveille et y puise semble t il la vraie raison d’écrire, soit l’élan passionnel pour une femme et l’élan joyeux pour une effervescence de contacts artistiques, il est évident que passer de ce groupe convenu d’américains en pré-voyage de noces , y compris la romance de la future pour un intello superficiel et brillant, à un monde nocturne d’une fête sans fin puisque hors du temps dans un Paris humide et triomphant d’intelligence, le côté presque gamin de découvrir à chaque instant le meilleur d’un temps, autre point de cette féerie lorsque le héros se déclare auprès de son égérie, elle l’entraîne à son tour dans la spirale du temps, le final conventionnel évite bien sûr les effets de la perdurance de la mémoire dans les yeux de Marion Cotillard qui porte le Paris de chacun, soit l’exacte présence de l’éclair dans le gris; hors de la puissance de l’être comme lettre, du senti qui fait lettre, il ne faut pas oublier le magnifique Picasso (Di bonzo fo) en contraste avec la prestation de la soubrette siliconnée de 0
Scoop
comme la plupart des films de Woody Allen, Scoop n’a guère d’intérêt, il appartient à la catégorie des films que l’on regarde avec un peu d’amusement et qu’il est à peu près impossible de rapporter à quoi que ce soit, sans doute qu’hors de l’humour maison les personnages sont inconsistants, l’intrigue vide, les affects absents, tout le monde est dans un parfait détachement, après tout cette jeune femme amoureuse d’un tueur, il y aurait de quoi trembler un brin, s’en trouver un peu troublé et bien non, rien, ni chez lui, ni chez elle, reste le lac des cygnes qui court le long du récit, et ce salon de musique clos comme une chambre du meurtre mais nous demeurons dans le brouillard du boulevard, la comédie genre certes difficile semble alors ne mériter que sa forme la plus triviale


