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Altman joue dans l’espace fou de la production, film en abîme où les divers plans se confondent, livrant la réalité à la danse de fiction, la caméra très mobile ne cesse de nous faire parcourir les plans de rencontre où divers acteurs réels ou fictifs racontent quelque chose comme l’histoire du cinema, ses allers et retours, les grands et maintenant plutôt les marchands de soupe qui cherchent à faire du fric sur le dos de tous et au meilleur coût, donc un producteur menacé par sa hiérarchie et par un auteur sans doute rejeté qui cherche à la tuer à moins que ce ne soit qu’un écrivain qui agit pour observer ce qui se passe dans l’effet de tension qu’il engendre, nous traversons donc des conversations à travers des corps, finalement le producteur tue un auteur qui n’est pas le bon, drague sa veuve qui ne demande que ça, largue sa fiancée , risque la chaise électrique mais c’est un happy end parfaitement immoral qui achève ce drame de fantaisie
Gosford park
Des mouvements de caméra impeccables suivent un déplacement de véhicules qui convergent vers le manoir, double mouvement celui de l’objet et celui de la caméra qui emprisonne le regard pour le localiser pratiquement intra muros, puisque la chasse ne sera qu’un mouvement de fusils vers le ciel, scènes d’intérieur donc sur plusieurs niveaux, glissements dans les couloirs sans fins du personnel, mouvements d’escaliers pour les maîtres, les conversations se recouvrent, les visages sont proches, le luxe se prend en miroir des valets, nous sommes comme dans la règle du jeu, mais ici les liens sont plus intimes, insolubles, même par le meurtre, ce monde est d’une pièce rappelant que la lutte des classes vire au cauchemar après la décapitation du maître, ici le double meurtre disperse les acteurs mais ne semble guère induire un changement immédiat, la vie continue dit la bonne plus ou moins chassée dès lors qu’elle annonce sa liaison avec le maître qui, lui, baise tout ce qui bouge, livrant les enfants de ses liaisons à l’orphelinat, indifférent à la haine qui le suit, il y a un côté festin mais discret, une héroïne paradoxale nous livre la solution du meurtre mais demeure dans la discrétion propre à son rang.