bunuel
Tristana
Tristana est un film vieux, pellicule jaune, surréaliste provocateur triomphant, étrange réalisme dès lors qu’il s’agit certes de la critique de la société bien pensante catholique espagnole, mais aussi des drames familiaux incestueux , lorsqu’elle le regarde mourir, elle porte déjà le signe castrateur et elle a refusé d’ailleurs l’amour du jeune peintre peut être pour pouvoir justement jouer du piano, cette passion amoureuse est ici triomphante car justement prise dans un monde social qui ne se nourrit que de ce genre d’excès, pas de passion libre
Viridian
Ce film de 1961 a obtenu la palme d’or et la malédiction de Franco et du pape, le scénario est un peu convenu dans le fond puisqu’il s’agit de l’emboîtement d’une série d’inhibitions et de retour du refoulé, l’inceste imaginaire de l’oncle qui finit par le suicider aboutit à une fausse solution charitable pour sombrer dans le fait divers et l’acmé per-vers, les éléments surabondants sont presque comiques, l’oncle vit seul depuis la mort de son épouse lors de leur nuit de noces, les mendiants font comme l’oncle
Viridiana finit par faire de même, la novice comme chez Sade est convoitée, le crucifix est phallique, la couronne d’épine file au feu comme la virginité, l’ironie sur les symboles cruels envahit les plans, signant certes une pente régulière mais de manière plus fine la difficulté du rapport des idéaux avec le réel, en particulier sexué, on imagine le censeur voyant ce film provoque après la palme, pourtant il y a des faiblesses dans ce système en trois temps, d’abord le viol de la religion, puis l’exploitation du sol puis la danse des mendiants, la seconde partie est assez ennuyeuse malgré le surgissement du crucifi couteau, deux objets suivent le script, la corde à sauter de l’enfant fille de la bonne qui finit maîtresse du fils, cette corde à travers Viridiana va sauter, sera la corde pour pendre l’oncle et la ceinture du mendiant violeur mais entre temps la fillette a déjà repris le jouet, elle qui surveille derrière une fenêtre le viol, c’est à dire la rencontre de l’abandon feint hystérique et d’un mélange d’inceste, de moquerie religieuse, de nécrophilie puisqu’elle accepte quand même avant de se déguiser en morte pour dîner avec l’oncle, cette robe que l’oncle a essayé de mettre lui même sera robe du mendiant supposé lépreux qui aide au viol puis assomme le violeur, tout le monde est méchant et les mendiants ne valent pas mieux que les maîtres, chacun profite de la faiblesse de l’autre, aucune idée politique que l’anarchisme pratique, Céline n’est pas loin
La voie lactée dans une supposée position transgressive est un opus ennuyeux où la promenade des héros vers Saint Jacques à travers le temps et les espaces ne surréalise guère, par moments on espère le retour du Christ Sade mais rien, tout demeure figé , convenu et dans le fond assez pieux
belle de jour
l’érotique surréaliste à sauce catholique est un exercice laborieux, surtout cette psychanalyse qui traine comme explication d’un onirisme fantasmatique qui parfois est efficace, mais cet univers bourgeois pris dans la prison du désir a volé en éclat sans possibilité qu’une expression virtuelle et zappée, on pourrait bien sûr essayer de traiter de la question de la perversion chez Bunuel, on pourrait
il y a quand même Francis Blanche au début qui fait ce qu’il peut,
avec El nous pouvons prendre la mesure des diverses périodes de Bunuel, ici la fantaisie surréaliste et religieuse n’a pas de place, ce qui compte est la clinique, la montée en puissance d’une paranoïa délirante dont l’épouse n’est qu’une composante, car il s’agit de traverser ce monde local de la persécution pour une thématique générale et de termes hallucinatoires hélas alors par trop visuels, la religion y jouant un rôle plutôt de convention sociale et donc de contention