Claude Dorgeuille
Je suis toujours redevable à Claude Dorgeuille d’un article à propos de la musique et la voix, depuis ce temps lointain où il avait bien voulu nous accompagner lors d’un colloque local médocain. L’exploration des éclats de l’objet @ nous amenait sur un terrain vis à vis duquel je manquais lourdement d’instruments conceptuels et pratiques. Claude est venu apporter son savoir et sa passion. Une fois que nous avons pu localiser à Bordeaux l’orgue adéquat à son dessein, il est venu s’installer quelques jours à peu de pas pour pouvoir , chaque jour, s’exercer à visée d’un concert qui vint ponctuer le colloque. Je crois pouvoir rajouter que ce fut , pour lui, un moment très heureux. Depuis les concepts necessaires pour traiter de ces questions demeurent, pour moi, dans un champ distant, pas très éloigné d’ailleurs des difficultés de dialogue avec un mathématicien des affaires de topologie. Il ne s’agit malheureusement pas de psychanalyse appliquée. J’ai renoncé à l’époque à triturer cela au delà des actes publiés dans le discours psychanalytique et d’essais réguliers mais insatisfaisants. On peut imaginer que Claude Dorgeuille, avec son érudition et sa formidable puissance de travail, a bien dû laisser plus d’une note qui permettrait de s’y retrouver un peu. Espérons que l’Association lacanienne saura rendre hommage de manière dynamique à son oeuvre trop discrète puisqu’au service du texte . Il ne suffit pas de dire (et pourtant c’est un point sans détour) que sans Claude Dorgeuille, point d’AF, ni d’ALI, ni de publications, ni d’établissement du séminaire de Lacan. Au delà il y a le lent labeur qui permet de forger un concept opératoire, au delà des effets de manche intramondain. Je ne peux que noter un souhait dont je n’ai aucun moyen d’assurer quelque réalisation. C’est toujours la question des horribles travailleurs de l’horizon, mais je ne vois pas grand chose, juste ce souvenir donc d’un croisement sur son propre chemin obscur, une indication puisque Charles Melman nous met en lumière et sa peine partagée et la vertu socratique d’une fin.