Cohen
le dispositif Cohen est une machinerie comique qui allie avec bonheur une intrigue loufoque mais mettant en jeu une bêtise ordinaire triomphante et un jeu de comédiens parfaitement adéquat voire en contre emploi, offrant à l’acteur tragique ou dramatique le possible de se dédoubler. Ler plaisir du spectateur est ainsi redoublé de cette rencontre où il peut s’identifier au deus ex machina d’un monde stupide c’est à dire s’en distancier du poids de son propre rire. C’est d’ailleurs tout le problème de pouvoir traiter du film comique en général.
extraordinaire Frances Mc Dormand
fargo
l’équarrisseur
Le monde est achevé dans sa course humaine , ce n’est pas une question écologique ou une question économique, c’est un moment de clôture depuis l’ombre de la grotte jusqu’à la solution finale de la chair. Cet irréversible produit des êtres errants et décharnés car ils ne sont plus animés par l’amour mais par le besoin, le désir se réduit à un vague jeu de hasard et lorsqu’ils croient saisir un bonheur, ce ne peut être que l’instrument de leur perte
le tueur n’est pas sentimental, juste méthodique et dans le fond n’a de mobile que celui d’effectuer un certain travail nécessaire, il ne peut donc disparaître
the big lebowski
opus des Coen sans doute un peu brouillon mais pris dans une féérie nickeléenne avec toujours ces personnages nuls, plus tendres que méchants, faux débrouillards parmi des franchement crétins et méchants, l’histoire est plus que compliquée et sans doute emprunte à des scénarios B où nul ne s’embarrasse pour établir la vraisemblance, survivre et ne s’étonner de rien, le milliardaire est un escroc à la petite semaine qui veut braquer sa fille tout en se débarrassant de son épouse, les faux braqueurs sont des nuls prêts à couper l’orteil de leur copine pour faire vrai, la fille du riche est une peintre nue et volante, le copain finit par mourir et ses cendres reviennent en pleine figure de ses copains, le pas tout à fait lebowski n’arrête pas de se faire tabasser, et de rêver, et de se trouver dans des situations impossibles , c’est un monde de bd qui ne demande aucune raison, c’est d’ailleurs par cela que le précédé pourrait lasser à la différence de fargo où l’humour vise l’être, à moins de se dire que cette médiocrité drôle comme cet ancien vietman violent et gueulard est la notre tout simplement
True Grit
avec Jeff Bridges et Matt Damon, les frères Coen tenaient un couple tout à fait actif capable de supporter une mise en scène et narrative assez pauvre, et qui ne se justifierait que d’une série de coups spectaculaires dans le style héros dans les pires conditions, la scène quasi ultime des serpents est un bon exemple, l’héroïne est jetée dans une grotte , un pied coincé, tête en bas par le recul du coup de fusil qui tue celui qu’elle poursuit, elle cherche à se libérer en prenant le couteau d’un mort qui s’y trouve aussi, et dont le cadavre est plein de serpents venimeux qui la pique malgré l’intervention du héros, et malgré une course folle à cheval et à pied sous les étoiles, elle perd une main, les scènes western ne fonctionnent pas, sans doute que l’on peut difficilement refaire Wayne et Hathaway, et puis il y a eu Leone, après tout la pub orchestrée autour de ce film mesure aussi le réel en jeu