DSMPS
il faudra donc avaler le calice . La social-démocratie continue à oeuvrer dans le sens du libéralisme. Toujours la chanson de la dette et les discours sur la management moderne. Peu importe que le FMI reconnaisse quelques erreurs dans le règlement de la crise dite grecque, peu importe qu’il apparaisse que la science économique reconnaisse quelques erreurs dans la spéculation sur la régulation financière, peu importe que les dits savants découvrent que l’austérité est suicidaire, que des peuples sans monnaie ne peuvent plus consommer et que plus il y a de chômeurs moins les comptes sociaux sont au beau fixe...peu importe puisque les divers opérations frauduleuses des banques n’ont pas eu lieu et qu’il ne reste que des magouilles locales qu’il faut juger au plus vite afin de montrer que la vertu est de retour
, peu importe que la culture soit traitée comme le reste c’est à dire qu’elle n’a le droit à l’existence que si elle est rentable, peu importe qu’il faille autant de temps à un concertiste pour jouer Mozart que du temps de celui-ci et que les chaînes de fabrication des objets plus ou moins inutiles soient de plus en plus rapides et donc rentables, on en déduit toujours que le concertiste est dépassé , qu’il n’y a aucun retour de la productivité vers les secteurs culturelles ou non manufacturalisables, exit les conséquences sur le temps de travail, retour vers le modèle finalement mondial, c’est à dire la glorieuse Chine dont tout le monde rêve, parti unique, opposition calmée, croissance, peu importe Dacca et ses morts, la machine tourne... tout doit y passer et en particulier la santé mentale guérie de ses errances humanistes grâce l’introduction obligatoire du DSM dans les pratiques. Le sujet est enfin rationalisé, donc forclos par décret
Le troisième « plan autisme » présenté par le gouvernement a provoqué un gigantesque émoi dans le monde de la psychiatrie (comme si la psychiatrie n’avait pas déjà la couleur du décret). Présenté par la ministre déléguée en charge des handicapés, allant au-delà des recommandations de la HAS de faible niveau de preuve ou qui ne révèlent que l’opinion d’experts dûment sélectionnés, ce plan autisme est un véritable coup de force.(question ancienne sur la représentation que se font les politiques de la question santé mentale, qui n’est ni droite ni gauche mais bien le même consensus idéologique) La revue « prescrire » avait pourtant critiqué les recommandations HAS dans son numéro d’avril 2013 en concluant : « les recommandations de ce guide ne reflètent que l’opinion des spécialistes des méthodes cognitivo-comportementales. Mieux vaut ne pas se laisser leurrer par un faux « consensus » ».
Le plan assure néanmoins la promotion de ces méthodes, qui sont en passe d’être promues au titre de « thérapies d’Etat », la HAS et ses ARS assurant l’œuvre de « police sanitaire » en menaçant de ne pas accréditer et donc de ne plus financer les institutions qui n’appliqueraient pas les thérapies recommandées. ( après tout ce style idéologique sévit d’un bout à l’autre de la planète, à Istanbul, Pekin ou Paris, il est grand temps que le citoyen sous dromes réalise ce qui doit être fait)
L’Etat dicte la science et les autistes seront bientôt les seuls à ne pas avoir le droit de consulter un psy sous prétexte que celui-ci serait pollué par la psychanalyse. En résumé, l’Etat décide qu’une catégorie de citoyens ne peut pas souffrir et qu’elle a juste besoin d’être rééduquée. ( de quels psy parlons-nous? de ces quelques vieux qui ont connu Guattari?)
La prochaine étape concernera-t-elle les bipolaires et autres schizo-affectifs chez l’adulte? Pas de marqueur biologique, pas de preuve génétique mais l’opinion d’experts triés sur le volet devrait-elle, là aussi, suffire à imposer des techniques proposées par de quasi lobbies ?(la question syndicale contient sa réponse, oui ! la science sait ce qu’il faut faire avec les gueux)