En atendant
l’opus de Anne Teresa de Keersmaeker n’est guère facile pour un spectateur lambda, le lieu inadéquat malgré un plateau dénudé , la musique de l’Ars Subtilior, une gestuelle souvent sèche et minimaliste, l’attaque à la flute essoufflée répondant à la danse crépusculaire de l’homme nu à la fin, lenteur, immobilité, faible séquence répétitive de marche coupée de recul ou de chute arrière, parfois les figures de groupe vont se figer en tableau vivant, presque une danse qui ne dure pas, l’énergie tendue vire à une dislocation des corps, l’idée soufflée par le contexte musical que notre peste noire vient de passer, mais nous ne percevons pas les cadavres, nous comme cadavre, l’insupportable converge avec cette absence de séduction facile, la rupture même avec l’hypnose liturgique, nous sommes à l’autre pôle du signifiant insu, avec la quantique il y a aussi sa portance, le silence sur la musique justement,
en attendant
il me faut endurer de pénibles tourments
et vivre languissant
la moitié de l’Europe morte
et l’art porteur de cette horreur qui ne cesse de revenir d’ailleurs se livre au maniérisme
Annelles Van Gramberen chante Filippo da Caserta