« Il est beau [...] comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie ! »
Le comte de Lautréamont nous pardonnera d’user ainsi de sa phrase pour situer le drame obsessionnel lorsqu’il rencontre un psychanalyste, rencontre impossible bien sûr bien qu’attestée, comme la rencontre avec quelque bestiole préhistorique justement. S’il peut inférer quelque sens qui viendrait apaiser son doute au nom d’une logique implacable, il ne s’attend à croiser le non sens ou l’affect. Si l’on tient que l’inconscient se constitue d’un refoulement, celui de l’impuissance du symbolique à signifier le monde . L’obsessionnel sera cet être de raison qui passerait son temps à interdire la constitution d’un lieu insu où le fantasme incestueux pourrait se déployer sans négation . Donc le voilà bien embarrassé non seulement de faire l’épreuve de la faillite de sa pensée mais aussi de ne trouver aucune sympathie pour la mascarade de ses affects, ce qui inévitablement le précipite vers le non sens d’une angoisse sans nom qu’il peut certes attribuer aux délices de l’obscur . Après tout, la télépathie, comme la religion, fait raison théologique, le passage à la religion Une est bien le moment où l’équivoque, le suspens talmudique, trouverait sa conclusion formelle. L’obsessionnel pousse du côté du concept , le ravissement de la pensée bouclée sur elle même. Il répugne cependant à la topologie, à la poésie tout autant. Il tient à un langage qui se consiste, qui compacte et qui donc porte, malgré tout, le vivant d’un défaut contradictoire incertain. Il veut que les miroirs réfléchissent et ne soient point marqués d’un grain qui rende visible le semblant. Il tient de fait au faux couple, celui qui sera l’antagonisme des termes dans leur superficialité mentique, d’autant qu’il s agit toujours de termes hautement symboliques, où le symbolique n’a jamais autant été aussi près de défaillir. Faux couple qui vaut autant pour le sexuel qui sera marqué par une pure gestion, une différence de pure polarité. Cette tentative de faire métaphore d’un jeu métonymique bien sûr occupe toute la pensée qui ne peut se relâcher dans une quelconque incarnation. C’est bien là que l’hystérisation de son dire de structure l’oblige à se confronter à un impossible logique et à un autre type d’impératif, non plus celui d’une pensée absurde puisque réelle mais bien d’une impulsion à être selon l’affect d’un désir . C’est sans doute dans ce champ paradoxal du transfert que l’obsessionnel peut se trouver amener à agir selon son cœur et non sa raison. Pousser le psychanalyste au maître pourrait ainsi avoir deux visages celui de l’hystérie qui le veut beau dans ses affects déchaines et celui propre à l’obsessionnel d’un embaumement de première classe . On dit que les opposants chinois visaient il y a peu l’image et la momie du Grand Timonier, figure exemplaire que justement la mort de dieu actualise, l’extrême goût du sang du dieu mort.