cost disease chez Sigmund
la chose est entendue, seule une mécanisation de secteurs toujours plus vastes de l’activité humain peut permettre de mettre un frein au coût différentiel exorbitant entre le domaine des biens et services automatisables et celui par exemple de la santé et de l’éducation. Horreur, il faut toujours autant de travail pour exécuter un quatuor de Mozart à son époque et de nos jours. Les coûts de services personnels ne cessent d’augmenter par rapport aux produits manufacturés. On a beau collectiviser tout ce qui relève finalement du temps humain, vient un moment où ce différentiel est tellement marqué que des reformes courageuses s’imposent, d’autant que les Etats doivent aussi rembourser les dettes des investissements spéculatifs des banques. Il faut réduire tout contact humain prolongé et répété, il faut réduire les coûts de gestion de la culture souvent d’ailleurs gauchiste, par exemple diminuer le nombre de musiciens, automatiser les opérations et les renvoyer à une date ultérieure, chacun doit assurer ses responsabilités, au capital les investissements qui rapportent, aux pouvoirs publics la contention de la misère publique puisqu’effectivement le pauvre est plus sensible que le riche au dépérissement du collectif, le service humain est vertigineusement excessif en rapport au service informatique, Terry Gou veut remplacer ses chinois (animaux ingérables dit-il ) par des robots, une main d’oeuvre même bon marché l’est toujours trop d’être humaine, toujours l’horizon industriel du camp, ingérable lui aussi, Freud n’a jamais été très favorable à cette cost disease, d’où l’archaïsme de la psychanalyse malgré l’effort des séances courtes voire instantanées, l’économie du sujet n’est pas celui du capital quoi qu’en pense la clinique moderne qui nous offre de tellement beaux spécimens d’adaptation zoologique