l’amour à mort
Alain Resnais livre ici une oeuvre qui avec le temps (1984) n’a pas vraiment pris quelque bonification, le récit est lourd, cette histoire à la Bergman, (pasteurs, mort, résurrection, amour, ...) demeure bien distante du maître qui, lui, ne vieillit pas. L’ensemble est coupé sans cesse par ces séquences musico-neigeuses qui doivent évoquer l’entre deux morts. « Ces plages musicales servent à amplifier et à prolonger l'émotion en se passant de mots. Des choses non dites par l'image ou le dialogue le sont par la musique. » c’est un peu court pour un cinéaste! Arditi, Azéma, Dussolier, Ardant se promènent ainsi dans ce jeu mélancolique et religieux où un sujet déjà mort s’enfonce de plus en plus dans sa vision pour y finir tout à fait tandis que son amoureuse, soutenu par le délire religieux des deux autres, se décide à franchir le Styx. Il y a à travers ça une sorte d’éloge d’une jouissance qui ne saurait fonctionner que sur le mode de la faute. Il doit s’agir d’un film à thèse, lourdement, amour éternel, vie éternelle, et finalement le pied semble être d’être mort, du moins pour l’amoureuse puisque ceux qu’elle aime ne pataugent que dans un voile nécromancien.