LEIBNIZ (Gottfried Wilhelm) 1646-1716
à l’intersection du plus ancien et du plus moderne: traditionnel par sa filiation scolastique avouée et par le souci théologique constant dans sa pensée, il est sans nul doute le plus moderne des philosophes
précurseur, par sa démarche, de l’actuel structuralisme
représentant, par la multiplicité de ses orientations, le souci contemporain de pluridisciplinarité
occupant, dans l’histoire des découvertes mathématiques et scientifiques, une place essentielle
inventeur, par la méthode du calcul infinitésimal
« un inventaire exact de toutes les connaissances acquises et mal rangées »
la permanence de la méthode, l’identité à travers la multiplicité
la masse immense des écrits leibniziens conservés à la bibliothèque de Hanovre: deux cent mille pages de manuscrits
Émerveillé
« [pour aimer Dieu] il faut connaître les merveilles de la raison et de l’esprit et les merveilles de la nature. Les merveilles des raisons et des vérités éternelles que notre esprit trouve en lui-même dans les sciences... de raisonner des nombres, des figures, du bien ou du mal, du juste et injuste. Les merveilles de la nature corporelle sont le système de l’univers, la structure des animaux, les causes de l’arc-en-ciel, de l’aimant, du flux et du reflux et mille autres choses semblables »
déterminer un « centre de perspective »
Le système de Leibniz demande un discours itératif, qui revienne sur lui-même pour donner rétrospectivement la raison d’une raison qui se donnait comme un fait: l’idéal logique serait à l’évidence d’éliminer ainsi tous les faits contingents au profit de la nécessité de la raison. C’est dire que le « centre de perspective » prendra l’allure d’un labyrinthe circulaire, chaque élément nouveau demandant à être rattaché à la précédente démonstration selon les mêmes principes.
Leibniz fait état d’un projet d’établissement à la fois scientifique et divertissant, mêlant les spectacles de théâtre à ceux des découvertes scientifiques, comportant des jeux aussi bien que des procédés moraux pour en tirer le meilleur parti d’éducation. Ce serait « une espèce de confessionnal politique », « une Académie des plaisirs », « un bureau général d’adresse pour les inventeurs »: « Cette maison deviendrait avec le temps un palais »
il est le dieu d’une théodicée en miniature, parfaite représentation de son propre système. L’esprit de la méthode de Leibniz s’illustre souvent par cette métaphore du labyrinthe et du palais, dans lequel on ne se retrouve qu’à l’aide d’un fil d’Ariane.
Arlequin, multiple et rusé, voyageur au surplus, figure Leibniz qui en fait un fréquent usage métaphorique: « ... Arlequin, qu’on voulait dépouiller sur le théâtre, mais on n’en put venir à bout parce qu’il avait je ne sais combien d’habits les uns au-dessus des autres. » Sous chaque fait nouveau se découvre une raison existante; sous chaque fait nouveau un autre se dévoile, et de raison en raison tout s’ordonne et s’arrange: on aura, avec ce théâtre d’enveloppements successifs, la meilleure image de la démarche de Leibniz.
Gottfried Wilhelm Leibniz est né à Leipzig, d’un père professeur de droit et de morale dans cette ville
une culture d’honnête homme, formé d’abord aux Anciens, habitué dès l’enfance à la scolastique, mais aussi initié aux travaux de Francis Bacon, de Kepler, de Galilée et, bien sûr, de Descartes.
Dans le même temps paraît le De arte combinatoria (1666) qui anticipe ses travaux sur le calcul différentiel et la caractéristique universelle. À Nuremberg, ville libre dont relevait l’université d’Altdorf, Leibniz s’affilie aux Rose-Croix, confrérie secrète universaliste et alchimiste (la rose à cinq pétales au centre d’une croix figure en tête du De arte combinatoria), et rencontre en 1667 le baron Johann Christian von Boyneburg par l’intermédiaire duquel il fait ses premiers pas dans la pratique politique
Leibniz est chargé de persuader Louis XIV d’entreprendre la conquête de l’Égypte: les armées de Louis XIV, détournées de l’Europe, auraient porté un coup sévère à la barbarie turque; mais aussi le « grand dessein » d’Henri IV aurait été accompli: joindre la Chine par l’Égypte et l’Inde.
la correspondance que Leibniz entretient avec des savants de toute l’Europe : Arnauld, Clarke, Bayle sont parmi les plus notoires; mais on relèvera aussi la correspondance indirecte avec Newton par l’intermédiaire de la princesse Caroline, et, en général, on notera que Leibniz est le centre d’un réseau d’échanges qui constitue un précieux état du monde intellectuel de son temps.
une architectonique, faire coexister les énoncés suivants:
– « Mes méditations fondamentales roulent sur deux choses, savoir sur l’unité et sur l’infini » (à Sophie).
– « Il y a certes deux labyrinthes de l’esprit humain: l’un concerne la composition du continu, le second la nature de la liberté; et ils prennent leur source à ce même infini » (De libertate).
L’infini, et son autre logique, l’unité, commandent donc le problème du continu – métaphysique et dynamique – et celui de la liberté – morale et théologie.
« Mon système prend le meilleur de tous côtés » (Nouveaux Essais sur l’entendement humain).
double principe: principe de continuité et principe des indiscernables.
la raison suffisante
la cause dernière, Dieu
Dieu conçu comme un mathématicien.
« Ma métaphysique est toute mathématique »
« Aucune chose n’existe jamais qu’il ne soit possible (du moins à un esprit omniscient) d’assigner pourquoi elle est plutôt que de n’être pas, et pourquoi elle est telle plutôt qu’autrement »
qu’est-ce qu’une vérité?
comment le faux est-il possible?
quelle différence dirige les rapports entre Dieu et l’homme?
La raison demande donc qu’on trouve, non seulement la cause de l’existence d’une chose, mais encore pourquoi elle est telle
« Toutes choses sont variées et ornées au plus haut point. »
poser la raison suffisante dans sa complexité, c’est expliquer la perfection du monde, de ce monde-ci, du monde tel qu’il est.
sans le principe de continuité, l’identité des êtres ne saurait exister, et chaque élément individuel n’aurait d’autre principe d’existence qu’une fugacité vivace, contribuant passagèrement à la splendeur du tout.
sauvegarde de l’identité et, à travers elle, de la notion même d’individualité, et, donc, de l’individualité suprême, de Dieu.
La continuité permettra à Leibniz de penser le temps de la monade comme une totale conservation des états préexistants
le principe des indiscernables : « Il n’y a jamais dans la nature deux êtres qui soient parfaitement l’un comme l’autre et où il ne soit possible de trouver une différence interne, ou fondée sur une dénomination intrinsèque »
Chaque élément est donc irremplaçable, son individualité n’est semblable à aucune autre; ce qui produit la variété ne saurait être que le passage d’un état à un autre et une continuelle métamorphose par degrés progressifs: ainsi s’engendre la série, qui gère l’harmonie sur le plan logique. Série des individus d’où dépendent les classifications; série des événements collectifs ou individuels d’où dépendent le destin d’une part, l’histoire, d’autre part: la série, loi de l’harmonie, est à la rencontre du principe de continuité et du principe des indiscernables.
« Il n’y a personne qui ait bien défini ce qu’est le semblable. Après avoir bien cherché, j’ai trouvé que ces deux choses sont parfaitement semblables lorsqu’on ne saurait les distinguer que per compraesentiam » .
le semblable est de l’ordre de l’apparence illusoire: car la compraesentia ne résiste pas à la méthode leibnizienne de l’analyse. Ou plutôt elle relève du cadre de l’espace et du temps: pour que la coprésence soit réalisée, il faut que les éléments individuels distincts et discernables passent dans le même espace et dans le même temps.
« Je tiens l’espace pour quelque chose de purement relatif, comme le temps; pour un ordre de coexistences, comme le temps est un ordre de successions. Car l’espace marque en termes de possibilités un ordre des choses qui existent en même temps, en tant qu’elles existent ensemble, sans entrer dans leur manière d’exister. Et lorsqu’on voit plusieurs choses ensemble, on s’aperçoit de cet ordre entre elles »
« Chaque portion de la matière peut être conçue comme un jardin plein de plantes et comme un étang plein de poissons. Mais chaque rameau de la plante, chaque membre de l’animal, chaque goutte de ses humeurs est encore un tel jardin, ou un tel étang »
L’infini est nécessaire à la mise en perspective de chaque état; si toute modalité peut faire place à une autre mal perçue en un premier temps, cette régression doit aller à l’infini sous peine de contrevenir aux deux principes de continuité et des indiscernables.
La première insuffisance tient à l’atomisme. Le postulat des atomes séparés par le vide serait contradictoire avec le principe de continuité; mais tout autant que la discontinuité, l’existence du vide, en tant que tel, contrarie la perfection des desseins divins, qui remplissent la totalité du réel. Cependant, l’insuffisance de l’atomisme demande une conception de la substance qui exclut le vide, d’une part, et qui rende compte de la succession temporelle, d’autre part.
« La monade se distingue radicalement de l’atome. Celui-ci ne conduit qu’à l’antithèse unité-multiplicité, celle-là est l’expression de la multiplicité dans l’unité. Pour le comprendre, il faut recourir au concept de force qui, liant le présent à l’avenir, fait du monde un tout organique. »
« ... toute la continuité est une chose idéale et il n’y a jamais rien dans la nature qui ait des parties parfaitement uniformes, mais en récompense le réel ne laisse pas de se gouverner parfaitement par l’idéal et par l’abstrait, et il se trouve que les règles du fini réussissent dans l’infini, comme s’il y avait des atomes (c’est-à-dire des éléments assignables dans la nature), quoiqu’il n’y en ait point, la matière étant actuellement divisée sans fin; et que, vice versa, les règles de l’infini réussissent dans le fini comme s’il y avait des infiniment petits métaphysiques, quoiqu’il n’y en ait pas besoin, et que la division de la matière ne parvienne jamais à des parcelles infiniment petites: c’est parce que tout se gouverne par raison, et qu’autrement il n’y aurait point de science ni règle, ce qui ne serait point conforme avec la nature du souverain principe. »
« Car je soutiens que naturellement une substance ne saurait être sans action, et qu’il n’y a même jamais de corps sans mouvement »
Entre mv, différentielle de 1/2 mv2, l’énergie cinétique, et cette dernière, l’enjeu est non seulement physique, mais métaphysique: la force, pour Leibniz, n’est pas séparable de l’harmonie.
« L’étendue est un attribut qui ne saurait constituer un être accompli, on n’en saurait tirer aucune action ni changement, elle exprime seulement un état présent, mais nullement le futur et le passé, comme doit faire la notion de substance »
la matière substantielle est douée de résistance « L’essence de la matière ou la forme même de la nature du corps consiste en l’antitypie ou impénétrabilité »
monade: unité substantielle originale, sans étendue, sans divisibilité, donc sans figure, La substance monadique ne peut se définir par elle-même, mais par ses rapports avec les autres monades.
la monade se définit par les attributs multiples, infinis, qui en constituent l’essence. « Et les substances véritables étant autant d’expressions de tout l’univers pris dans un certain sens, et autant de réplications des œuvres divines, il est conforme à la grandeur et à la beauté des ouvrages de Dieu, puisque ces substances ne s’entr’empêchent pas, d’en faire dans cet univers autant qu’il se peut et autant que des raisons supérieures permettent. La supposition de l’étendue toute nue détruit cette merveilleuse variété »
son activité logique en général, la perfection de son formalisme conditionnent la progression des mathématiques, tout comme elles conditionnent les progrès de la dynamique; c’est le système dans son entier qu’il faut considérer pour situer les mathématiques à leur juste place.
« La mathématique universelle doit traiter d’une méthode exacte de détermination des choses qui tombent sous le pouvoir de l’imagination: elle est, pour ainsi dire, une logique de l’imagination »
« Une chose en exprime une autre... C’est ainsi qu’une projection exprime son géométral. L’expression est commune à toutes les formes, et c’est un genre dont la perception naturelle, le sentiment animal et la connaissance intellectuelle sont des espèces »
« Il n’est pas nécessaire que ce que nous concevons des choses hors de nous leur soit parfaitement semblable, mais qu’il les exprime comme une ellipse exprime un cercle vu de travers. »
C’est pourquoi l’harmonie est préétablie : elle résulte de lois de construction prévisibles et dicibles. L’harmonie est une structure, c’est-à-dire une loi formelle, valable pour différents ordres de réalités; un modèle commun à tous les niveaux d’analyse.
« On peut proposer une suite, ou series, de nombres tout à fait irrégulière en apparence, où les nombres croissent et diminuent variablement sans qu’il paraisse aucun ordre; et cependant, celui qui saura la clef du chiffre, et qui entendra l’origine et la construction de cette suite de nombres, pourra donner une règle, laquelle, étant bien entendue, fera voir que la series est tout à fait régulière, et qu’elle a même de belles propriétés [...] voilà comme il faut [...] juger de celles [les irrégularités] des monstres, et d’autres prétendus défauts dans l’univers »
« Pour moi, la combinatoire est bien autre chose: la science des formes, c’est-à-dire du semblable et du dissemblable, comme l’algèbre est la science de la grandeur, c’est-à-dire de l’égal et de l’inégal; bien plus, la combinatoire semble peu différer de la caractéristique générale, science qui invente ou permet d’inventer les caractères propres à l’algèbre, à la musique, et mieux que cela, à la logique »
l’alphabet des pensées humaines
la possibilité d’une langue qui possède la communicabilité des langues naturelles, et la systématicité de la méthode scientifique: ce serait la langue d’Adam, qui permettrait l’universalisation du même discours de théodicée.
« Je crois, écrit Leibniz, que les langues sont le meilleur miroir de l’esprit humain et qu’une analyse exacte de la signification des mots ferait mieux connaître que toute autre chose les opérations de l’entendement. » Après avoir tenté de construire une langue algébrique, dans laquelle les voyelles seraient transcrites par des nombres décimaux, et les consonnes par les nombres entiers, Leibniz s’intéresse à la langue chinoise; en effet, il croit voir dans l’arithmétique binaire et dans les hexagrammes du Yi jing « une méthode générale des sciences, ou une métaphysique numéraire »
La combinatoire englobe une théorie des arts, dont la musique constitue sans doute le pivot. C’est sur le chromatisme des couleurs, certes, que Leibniz raisonne dans l’ars combinatoria (toutes les couleurs résultent du blanc et du noir par combinaisons); mais le terme de chromatisme possède une ambivalence nécessaire, et la communication se fait aisément du plaisir des yeux à celui des oreilles, obligeant à illustrer et à élucider la notion d’harmonie dans ses applications. « La musique nous charme, quoique sa beauté ne consiste que dans les convenances des nombres et dans le compte dont nous ne nous apercevons pas, et que l’âme ne cesse pas de faire, des battements – ou vibrations des corps sonnants – qui se rencontrent par certains intervalles. Les plaisirs que la vue trouve dans les proportions sont de la même nature; et ceux que causent les autres sens reviendront à quelque chose de semblable, quoique nous ne puissions pas l’expliquer si distinctement »
Leibniz veut, comme Lévi-Strauss dans les Mythologiques, réaliser une logique du sensible, dont la combinatoire doit rendre raison.
à l’inverse de Descartes pour qui l’algèbre, par exemple, est un auxiliaire, et non une construction essentielle, Leibniz répartit les mathématiques en deux grandes branches: la théorie des homogènes, qui s’occupe des positions, soit en quantité, soit en qualité; et la théorie des homogones, qui s’occupe des transitions et passages. De la première branche relèvent: du côté de la qualité, l’analysis situs; du côté de la quantité, l’arithmétique et l’algèbre, d’où dérivent à leur tour la géométrie algébrique, d’une part, et le calcul des probabilités, d’autre part. De la seconde branche relèvent la géométrie analytique et l’arithmétique infinitésimale, c’est-à-dire la science de l’infini. Cette intrication de l’algèbre et de la géométrie indique que pour Leibniz, à la différence de Descartes, c’est le nombre qui est l’objet de la science mathématique, et non l’étendue considérée sous son angle géométrique.
Le problème difficile est à l’évidence le passage du fini à l’infini, ou encore, et c’est la même chose, le passage du discontinu au continu.
L’extension du nombre dans toute sa « latitude » se fait par généralisations successives du nombre entier
Ces notions imaginaires « ont ceci d’admirable que, dans le calcul, elles n’enveloppent rien d’absurde ou de contradictoire et que cependant elles ne peuvent être présentées dans la nature des choses seu in concretis » . Il en va de même pour l’infinitésimal: c’est une fiction et non une réelle différence.
Du fait que la monade, unité substantielle « sans portes ni fenêtres », indécomposable, se définit par ses rapports à toutes les autres monades, il s’ensuit que la monadologie est un système en miroir, une anaclastique dont le foyer est Dieu. Le thème baroque du miroir, du reflet, tout comme celui des jeux entre lumières et ombres, informe la métaphore leibnizienne: « Tout au monde, écrit-il à l’Électrice Sophie, s’enferme dans un petit espace tel que l’œil ou le miroir quoique seulement par représentation. » Œil, miroir, bassin, microscope, théâtre, opéra sont les lieux privilégiés où l’expression monadique se laisse saisir par l’intuition langagière: la monade relève de la mythologie archaïque de l’âme pupilline, selon laquelle l’âme vit dans la pupille, image concentrée et inversée de l’individu tout entier. Ainsi de la monade: « Chaque monade est comme un miroir vivant, ou doué d’actions internes, représentatif de l’univers, suivant son point de vue, et aussi réglé que l’univers même » . Remontons la comparaison terme à terme: la règle générale de l’univers est en Dieu, qui dirige l’ensemble des séries. Si chaque monade se définit par un ensemble des rapports, elle exprime un point de vue sur l’univers, comme un miroir reflète une perspective: elle représente donc. Mais c’est un miroir qui obéit au principe de continuité et au dynamisme, c’est-à-dire qu’il a un temps propre, des états successifs, des actions internes. La monade reflète l’univers, qui n’est rien d’autre que Dieu: « Toute substance est comme un monde entier et comme un miroir de Dieu ou bien de tout l’univers, qu’elle exprime chacune à sa façon »
« La somme de mon système revient à ceci que chaque monade est une concentration de l’univers... Qu’en Dieu l’univers se trouve non seulement concentré, mais encore exprimé parfaitement; mais qu’en chaque monade créée, il y a seulement une partie exprimée distinctement. »
« Dieu a choisi celui des mondes possibles qui est le plus parfait, c’est-à-dire celui qui est en même temps le plus simple en hypothèses et le plus riche en phénomènes, comme pourrait être une ligne de géométrie dont la construction serait aisée et les propriétés et effets seraient fort admirables et d’une grande étendue »
« En l’absence de toute autre détermination, ce qui se réalise est le maximum possible eu égard à la capacité donnée du temps et de l’espace »
Dieu contient tous les possibles, puisqu’il est la loi de la série: entre Dieu et l’homme existe la même distance qu’entre le possible et le réel.
la perfection divine serait incomplète si Dieu ne procédait pas à l’actualisation des possibles: il fait passer les possibles au réel, en « choisissant » le maximum de compossibilités; sa liberté n’est pas restreinte par les contraintes logiques, puisqu’il est, d’essence, règle des règles. Or, entre le possible et le réel, entre Dieu et le monde, il y a une différence infinie, et relevant de deux infinis distincts. Dieu est infini hypercatégorématique , puissance active principielle, loi de tous les infinis, l’infinitésimal s’y réfère et l’exprime.
La vérité étant une intersection de séries est soumise à l’analyse et au développement des prédicats contenus dans le sujet. « Toutes les vérités se résolvent en définitions, propositions identiques et expériences » .
« Nécessaires sont les vérités arithmétiques, géométriques, logiques; elles ont leur fondement dans l’intellect divin et sont indépendantes de la volonté de Dieu: telle est la nécessité des trois dimensions [...] Mais les vérités contingentes naissent de la volonté de Dieu, non pure et simple, mais par la considération du meilleur, ou du plus convenable et sous la direction de l’entendement »
Ainsi, l’élément singulier qui semble mauvais ou faux devient porteur d’une rationalité distributive. Le singulier est donc nécessaire à l’harmonie du monde
Le temps individuel de la monade est réglé, si l’on peut dire, par un dérèglement, par un déséquilibre, par l’inquiétude.
L’inquiétude n’est pas à concevoir comme une image romantique indéterminée, mais bien plutôt selon le modèle leibnizien de l’horloge: Dieu, géomètre et monarque, est aussi mécanicien et horloger, et règle toutes les monades en horloger, à des heures semblables.
Ainsi, du fait de l’instabilité constitutive de la monade, le temps monadique, dont nous savons déjà qu’il est l’ordre des successions, n’a pas de commencement ni de fin.
« Il n’y a aussi point de dissolution à craindre, et il n’y a aucune manière concevable par laquelle une substance simple puisse périr naturellement. Par la même raison il n’y en a aucune par laquelle une substance simple puisse commencer naturellement, puisqu’elle ne saurait être formée par composition. Ainsi, on peut dire que les monades ne sauraient commencer ni finir que tout d’un coup, c’est-à-dire elles ne sauraient commencer que par création et finir par annihilation »
la théorie des petites perceptions: la vague peut apparaître comme un ensemble, mais aussi comme un agrégat de gouttes d’eau toutes distinctes; le meunier n’entend pas le bruit de son moulin, perceptible à l’étranger, et l’instrument leibnizien par excellence est à coup sûr, avec l’horloge, le microscope: « Les microscopes nous font voir dans le moindre atome un monde nouveau de créatures innumérables qui servent surtout à connaître la structure des corps dont nous avons besoin. »
« Il faut réveiller en nous tous les enfants endormis. »
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Leibniz écrit beaucoup, il s’interesse à tout, son système est expansif, la lecture défie le commentaire, l’essentiel est parfois, souvent, dans le détail, les fragments, les lettres. Paradoxalement, il participe d’une lignée de solitaire, Spinoza, Nietzsche. On se prend à rêver ce que Lacan aurait pu faire si au lieu de Hegel, d’Heidegger, il avait appeler le fragment à l’inspiration.
Le philosophe crée des concepts, c’est son métier
ce n’est pas quelque de donné, ni quelque chose de necessaire, c’est quelque chose dont l’invention est rare
un concept est un système de singularités prélevé sur un flux de pensée, on n’est pas obligé de le faire, si tant est qu’on en soit capable
le philosophe établit un rapport particulier à la vérité qui est qu’il ne peut parler de vérité que par rapport au système de concepts qu’il établit; on se demande ce que la vérité peut être pour un lambda donné
un système de concepts est une boîte à outils
un concept surgit comme besoin de concept
tous les philosophes ne sont pas de grands producteurs de concepts, Descartes est sobre, la subjectivité, le cogito, Leibniz est exaspéré, il crée sans cesse
Leibniz est le philosophe de l’ordre, de la police, il est réactionnaire, il est allemand, la langue allemande comme langue du concept, il est abominable, il veut piller Spinoza
le système est pyramidal, une vaste symbolisation, la pensée en acte
un système fait de niveaux adaptés à tel ou tel type de réflexion
c’est donc très compliqué, très difficile
une drôle de pensée
qui crée de l’institution, de la fiction, une académie des jeux, enfin un truc où on étudit la théorie des jeux, les sciences, un jardin zoologique, une exposition universelle, un casino, une section de police
ça commence de manière tautologique, A est A, Dieu est Dieu, bon, principe d’identité, qu’est ce que ça pense ce truc, la proposition est vide, certaine, encore que bien sûr A est différent de A tout de suite, ce n’est certes pas la même chose de dire” la matière est matière” et de dire “la matière est étendue” , dans un cas proposition réciproque (le sujet est le prédicat) , dans l’autre proposition d’inhérence, d’inclusion ( le prédicat est contenu dans le concept du sujet, ça c’est très important, c’est tout le système)
le principe d’identité peut se dire aussi “ toute proposition analytique est vraie”, A est A, le prédicat est contenu dans le sujet, lorsque le sujet est conçu, le prédicat y est déjà
voyons la réciproque “toute proposition vraie est analytique”, il le faut bien
mais ceci un travail infini , celui de ramener toutes les propositions au jugement d’attribution
ceci pour décrire un monde , un monde pour lequel on peut dire qu’il faut bien que tout ait une raison , principe de raison suffisante,
il faut bien que tout ce qui arrive à un sujet soit contenu dans la notion de sujet, tout ce qui se dit du sujet avec vérité
César a franchi le rubicon
Adam a péché
concept d’inhérence, tout ce qui se dit avec vérité de quelque chose est inhérent à la notion de ce quelque chose
le sujet contient la totalité du monde
principe de causalité, infini, indéfini, toute chose a une cause , ce n’est pas la même chose que toute chose a une raison,
série indéfinie de causes et d’effets
le monde passe à l’intérieur de chaque sujet
il n’y a donc qu’un sujet universel
un seul sujet qui exprimerait le monde, et des apparences singulières de ce sujet universel
le concept et l’individu c’est la même chose
la généralité et la singularité, c’est la même chose
les concepts sont des noms propres
chaque substance individuelle exprime le monde
ce qui advient se déplie de ce qui était compris déjà dans la notion
c’est éternel, déjà là
comment distinguer l’un et l’autre, c’est une notion de point de vue,le perspectivisme de Nietzsche
un point de vue sur le monde
analysis situ, géométrie projective
chaque un exprime le monde obscurément et confusément, selon une petite perception, un différentiel,
il y a la perception consciente et cette petite différence, cette zone claire dans la rumeur du monde, la petite propriété de Molloy englué
perception de la vague, cette distinction nette dans le flux d’un certain type de conjonction de gouttes d’eau
entre deux individus tout dépend ou non d’une petite zone commune, dans le différentiel
qui porte sur ce qui affecte les corps
le monde n’existe pas en soi
il n’existe que dans les substances individuelles qui les expriment
est ce le même monde
adam non pécheur est possible certes c’est une vérité d’existence, mais pas d’essence parce que c’est incompossible
incompossible avec le monde tel qu’il existe
d’autres mondes possibles n’ont pas passés à l’existence, Dieu choisit le meilleur des possibles
il n’y a aucun communication entre les sujets, chaque notion individuelle est programmée de telle manière que ce qu’elle exprime forme un monde commun avec ce que l’auitre exprime
harmonie préétablie
automate spirituel
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le concept ne préexiste à sa création
Leibniz est à la fois la raison même et la création folle du concept
signé par ses concepts
il y a l’inclusion, l’enveloppement
il y a la compossibilité des choses entre elles pourtant possibles
Adam contient necessairement son péché
chaque notion individuelle contient la totalité du monde et la totalité du monde est incluse dans chaque notion
ici vient le point de vue et donc la perspective théorique
les vérités d’essences métaphysiques ou mathématiques
le prédicat est compris dans le sujet, à l’issue d’un ensemble d’opérations, je peux démontrer l’identité de l’un et de l’autre
ceci en un ensemble d’opérations déterminées
démontrer l’identié ou l’inclusion
c’est l’analyse comme série d’opérations finies à finalité tautologique, c’est à dire que ça butte sur le signifiant comme d’ailleurs toute la science qui est science de Dieu, ça Leibniz le démontre
vérité d’existence, César a franchi le Rubicon, analyse infinie
vérité d’essence, 2+2=4
il faut bien que le pécheur soit contenu dans la notion individuelle d’Adam
bien sûr l’analyse infinie est possible dans l’entendement de Dieu
on voit bien en quoi le passage d’un possible du calcul par Dieu va permettre l’analyse infinitésimale
il n’est pas possible que 2+2 n’égale 4, par contre Adam peut n’avoir pas péché, mais c’est pas compossible avec le monde existant
Pourquoi a t il choisi ce monde ci?
Leibniz aime bien les boîtes emboîtées, la question des pavages de surface
il y a des niveaux et à chaque niveau des mondes possibles
tous ces mondes poussent à exister
le choix n’est pas moral mais obéit à la théorie des jeux
donc il y a une raison à l’incompossible, le meilleur pavage de structure
chez Borgès au contraire, tous les mondes sont commpossibles
il y a une analyse qui tend à l’indéfini, passer d’un terme l’autre, toujours, sans arrêt, c’est la démarche qui fonde l’existence de l’analyse
mais aussi l’idée que les infinis sont calculables, comparables
c’est une question de point de vue
Dieu est lui aussi livré à l’analyse infinie c’est à dire qui ne finit pas , mais son entendement n’est pas limité donc c’est possible
inversement se pose la question de l’infiniment petit, un rapport infiniment petit entre deux éléments
c’est l’identité qui régit les vérités d’essence, c’est la continuité qui régit les vérités d’existence
on passe d’un infini en extension à un infini en intension
un monde est défini par sa contin uité et le meilleur est le plus continu
la continuité c’est l’acte d’une différence en tant qu’elle tend à s’évanouir, la continuité c’est une différence évanouissante
une analyse infinie c’est une analyse du continu opérant par différences évanouissantes
le calcul infinitésimal se fait à partir de l’évanouissant
il garde chez Leibniz ce continu intensif d’infini
son usage ordinaire ne va pas si loin et cherche à établir un rapport entre des incomparables
dy/dx
le rapport exprimé au point d’évanouissement des incomparables
dépotentialisation des quantités
le repos est un mouvement infiniment petit
le cercle est une limite de polygones
le virtuel est inassignable et pourtant déterminé
le calcul différentiel est une espèce d’union des mathématiques et de l’existant, c’est la symbolique de l’existant
cruauté infinie d’un système où le meilleur des mondes est celui qui réalise le maximum de continuité, le meilleur des mondes sera celui dont les figures et les formes rempliront le maximum d’espace temps en laissant le moins de vide
le monde qui vient à l’existence ne se fait pas dans un receptable préalable mais selon le maximum de continuité donc de quantité de réalité ou d’essence
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Leibniz aborde le calcul du monde par le calcul différentiel qui est une méditation sur l’actuel de l’infini, la présence de l’infini local. Il y a là un problème aussi pratique qui est celui posé par la détermination des surfaces curvilignes.
Le calcul différentiel établit un rapport entre des termes de puissances différentes, c’est un problème très pratique, physique
il y a cette notion de limite, de limite du devenir, de s’approcher de cette limite
c’est du moins l’idée très métaphysique de Leibniz, cette présence de l’infini dans l’actuel. Bien sûr cette notion est datée et l’usage actuel est complétement hors de ces considérations
le rapport différentiel est l’expression du passage par une limite, tangente de courbe
il s’agit de donner support à l’analyse infinie comme ce qui ne traite non plus de l’identique mais du continu et des différences évanouissantes
ceci s’inscrit dans la notion complexe de compossibilité qui n’est pas que contradiction logique qui relève du domaine identité-contradiction, il s’agit de fait de depasser ce point afin d’atteindre quelque chose qui est hors de notre entendement
il faut introduire la notion de singulier, qui s’oppose à universel mais surtout qui s’oppose à régulier, c’est ce qui sort de la règle, de l’ordinal
Certains points de courbes sont ainsi des points singuliers
un carré a quatre sommets, quatre points singuliers et des points réguliers
au voisinage d’un point singulier quelque chose change, croissance-décroissance de la courbe
Poincarré a formalisé cette histoire des points singuliers
les cols
les noeuds
les foyers
les centres
très curieux paysage très riche métaphoriquement
au point singulier le rapport différentiel change de signe
au point il devient égal à zéro ou à l’infini, il est pris dans la notion générale de maximum et de minimum
le point singulier se prolonge dans l’ordinal jusqu’au point singulier suivant
c’est ça le continu, ce prolongement du singulier
Leibniz distingue l’aperception qui est une perception consciente, globale, et les petites perceptions inconscientes, le bruit de la vague est aperception sur fond de perceptions infinies
le flux des perceptions inconscientes qui est ce temps de la conscience relachée
elles fourmillent
évanouissement du sujet , mort tout autant comme réduction aux perceptions
cette conscience qui s’évanouit s’étend infiniment aux perceptions au flux réel
ceci rejoint une conception de Locke que Leibniz dénigre mais enfin la notion de malaise du vivant , uneasyness, cette tention entre deux modes, mais aussi ce jeu de continuité des perceptions
l’inconscient leibnizien est l’ensemble des différentielles de la conscience
l’idée de Freud est du côté du contradictoire, on voit bien le côté réducteur au sens de Leibniz, même si l’inconscient peut prendre des allures jungiennes, ça tient sans doute au positionnement par rapport à l’Autre
on retrouve ici plutôt le contradictoire entre Leibniz)Nietzsche et kant-Schaupenhauer
la perception du tout suppose des parties infiniment petites et que ces parties soient perçues, la perception consciente dérive des petites perceptions
l’intégration est une totalisation sans addition
le passage des perceptions à la conscience se fait par une petite addition, c’est à dire le passage par un point de singularité
rapport des vibrations et des molécules du corps dy/dx, différentiel de la perception
petites perceptions infinies et point singulier de conscience
le phénomène est dans les deux sens , l’ordinal comme d’une singularité l’autre
un monde est une continuité de continuité
c’est à dire qu’il y a compossibilité des séries ordinales aux points singuliers
Dieu a dispersé les continuités, on a donc cette impression de chutes, de ruptures
sa façon à lui d’introduire la variété, et on revient au meilleur des mondes parce que le plus continu possible
la pensée surgit comme singularité comme concept sur fond ordinal des petites perceptions
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Leibniz est un homme de principes, il s’agit d’un enchaînement logique qui tend à aider à la formalisation du concept.
principe d’identité, une chose est ce qu’elle est, identité entre la chose et ce que la chose est , A est A, ce qui vise donc à l’essence de la chose; ce qui se traduit formellement “ toute proposition analytique est vraie”, prédicat et sujet sont identiques, et ce par réciprocité (intuition) ou par inclusion (démonstration), cette sorte de tautologie de la chose à soi fonde le principe rationnel et de fait le ruine au risque d’un rien qui s’y découvre, A est différent de A
principe de raison suffisante, il faut bien que toute chose ait une raison, un principe qui fasse penser l’existant, tout ce qui se dit d’une chose , son prédicat, est inclus dans la notion de la chose, ce qui n’est pas que l’identité d’essence de la chose mais aussi l’ensemble de ses affections , de ses événements, chaque notion individuelle exprime le monde; tout ce qui advient d’une chose y est contenu
donc analyse infinie de la raison qui s’applique non plus aux essences mais aux existences, analyse infinie qui est celle de dieu, mais dont le calcul infinitésimal est le semblable
principe du point de vue, infinie variation,
pour toute chose il y a un concept, le philosophe crie, et c’est ce cri du sans nom, du rien, qui produit le concept comme vivant, harmonie des concepts, musique du concept, d’où le lien structurel au poème
il n’y a pas deux choses identiques, toute différence est conceptuelle, il y va d’une infinité du concept, une création infinie, pas du tout une concentration des choses sous le concept
distinction numérique
distinction spatio-temporelle
distinction de figure et de mouvement
c’est cette plurarité du concept qui tend à se conjoindre au réel des choses et interdit les précipitations coagulées des choses comme uniques, c’est le règne du multiple
et ce mouvement dépasse alors le relatif localisé de l’unique pour quelque chose de plus réel, la force dépasse la notion cartésienne de figure et de mouvement
la nature ne fait pas de saut, il y a continuité
les choses procédent par différences évanouissantes, infiniment petites, des différences inassignables
le monde n’existe que comme notions qui l’expriment, selon des singularités et des ordinaires
chaque parlêtre prélève son monde sur la courbe du monde, en singularise le réel
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Il y a une rencontre critique entre Leibniz et Kant
Ceci porte sur la théorie de la connaissance
Pour Leibniz, toutes les propositions sont analytiques et la connaissance ne peut procéder que par propositions analytiques. Connaître c’est découvrir ce qui est inclus dans le concept.
Pour Kant, il s’agit d’une opération synthètique , c’est à dire qu’il y a des propositions non contenues dans le concept. Connaître est donc déborder le concept. C’est après tout une position qui rejoint une pratique commune.
L’opposition est ici à la fois évidente et assez inconsistante. La ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre, c’est pour Leibniz une conséquence de la notion de ligne droite, mais pour Kant c’est une proposition synthètique puisqu’elle suppose un comparatif avec les courbes. Or nous savons que cet empirisme synthètique est faux puisqu’il s’agit de fait d’une question de structure d’espace et que c’est le concept qui va alors faire advenir trois types différents de géométries. Leibniz d’ailleurs vera dans la droite la tangente à une courbe, c’est à dire l’infini actuel du calcul différentiel local.
Pour Leibniz toute différence est dans le concept
pour Kant il y a des déterminations spatio-temporelles qui ne peuvent se déduire du concept. En fait par l’intermédiaire des mains qui sont des objets symétriques non superposables Kant bute sur des questions de topologie et de spécularité qui l’oblige à poser des déterminations à priori hors contexte , alors que là encore la question posée porte sur le nombre de dimensions de l’espace, nombre de dimensions non encore déplié à partir du concept. Kant pourra dire que l’espace et le temps ne sont pas des concepts. Il arrache l’espace et le temps au concept logique. C’est le point de vue esthètique
Kant pourra dire que connaître c’est sortir du concept pour affirmer de lui quelque chose qui n’était pas contenu en lui, maisc ce n’est pas un concept, c’est irréductible à l’ordre du concept
Pour Leibniz l’espace est de l’ordre des coexistences possibles et le temps celui des successions possibles. Kant dira que la simultanéité appartient au temps pas à l’espace, et que le temps a trois modes, permance ce qui dure, succession ce qui se succède en lui, coexistence ce qui coexiste en lui. Bref il cherche à sortir de l’impérium chronologique
De même l’espace est une forme, ce n’est pas une substance, c’est une forme de l’extériorité, la forme sous laquelle arrive tout ce qui est extérieur à soi même
le temps est forme d’intériorité, la manière dont la chose est intérieure à elle même.
c’est encore un problème de topologie
il semblerait que l’on aurait une opposition entre un espace kantien ouvert, une forme d’extériorité comme éruption, un espacer romantique et un espace leibnizien bouclé, en fait aussi non deplié.
le chant de l’ouvert
le chant de l’ouvert qui chez les post kantiens ramène à Leibniz
Il y a en tout cas chez Kant une notion fondamentale qui est celle qui subvertit l’opposition classique entre apparence et essence, les deux mondes platoniciens, au profit d’une phénoménologie de l’apparition comme formation d’un sens . Il n’y a plus qu’un seul monde. Il n’y a plus une apparence et derrière l’essence mais une apparition comme conditionnée à un sens.
on passe de apparition-essence à apparition-conditions d’apparition
quant à la subjectivité elle ne peut se dégager qu’à partir du moment où le fond créationniste se défait ce qui n’est pas évident puisque, par exemple, le traitement de l’infini est toujours plus ou moins un ordinaire divin. Le sujet pensant est un sujet fini créé, créé par Dieu.
chez Kant le sujet pensant n’est plus une substance, c’est une pure forme, forme de l’apparition de ce qui apparait. Mais s’il n’y a plus de création, alors le monde purement humain se doit d’être fondé. On passe de Leibniz qui parle pour Dieu à Kant qui parle pour le héros romantique
l’artiste classique oeuvre à l’image de Dieu créateur, l’artiste baroque part au lieu désertique du sans fond, un fondement sans fond. Kant va ainsi instituer le moi comme premier principe. Ce n’est plus une finitude dans un monde infini mais un fini qui fonde le monde. L’infini devient un dépassement de la finitude.
On peut remarquer en quoi Kant va construire tout un système fragilisé par la topologie du sujet, avec finalement (c’est chez Fichte) un remplacement de la formule identitaire (A est A) par une formule imaginaire ( moi est moi) La subjectivité qui se fonde là va donc entièrement dépendre de la méconnaissance kantienne du phénoméne topologique qui est beaucoup plus accessible à partir d’un travail sur le concept d’identité (A différent de A)
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Leibniz travaille les deux étages du monde, celui sensible , celui intelligible.
le monde baroque comme onde du pli qui va à l’infini
l’étage de la matière pliée à l’infini
l’étages de âmes simples
le monde est courbe selon une série infinie
la courbure est variable et renvoie à des centres
un centre de courbure est un point de vue sur la portion de courbe définie par un vecteur de concavité
c’est un monde élastique
avec des sommets où quelque chose se
donne à voir
un point de vue ordonne une série, le sommet du cône ordonne les courbes du second degré, cercle, ellipse, parabole, hyperbole
une vérité peut alors surgir dans les choses
le chaos s’organise, le secret se découvre
le pmoint de vue n’est pas saisie simple de forme mais plutôt saisie d’une métamorphose des formes, anamorphose où se lit l’apparition d’une forme
le point de vue est multiple autour du point d’inflexion
une série, une série de séries, le monde
de là on passe à l’inclusion
la courbure variable c’est le pli
les choses sont pliées pour être enveloppées, être mises dedans
l’enveloppe est la cause du pli
ce qui est plié n’existe pas en dehors de ce qui l’inclut
déplier suppose de faire abstraction de l’enveloppant
l’enveloppant c’est le sujet
le sujet vient au point de vue
il n’est pas le point de vue, il vient au lieu où se déploie la série infinie des états du monde
cette série du monde est celle des prédicats du sujet
le visible devient lisible
la notion individuelle qui enferme les états du monde est nom propre
chaque sujet est miroir du monde
et le monde n’existe que selon l’enveloppe qui est sujet
chaque sujet est variation d’une série infinie de variations
une petite lecture et une lecture totale qui est Dieu
chaque individu définit un certain degré de non connaissance
il n’y a pas d’ignorance mais des degrés dans la connaissance qui est incluse en totalité dans chaque sujet
les sujets communiquent sur la globalité de manière confuse bien que cette totalité des variations leur soit incluse
il s’agit d’étendre la clarté individuelle de ce qui est en soi
la modane individuelle enveloppe l’infini
le concept à un moment s’arrête, sa compréhension est bornée, il s’arrête avant l’individu qui lui même n’est pas indéfini mais infini
le jeu ici porte sur une opposition d’écriture entre 1/inf et inf/1
il n’y a pas de point de vue de dieu mais la pénétration de dieu dans les divers points de vue
d’un côté les corps qui tombent, de l’autre les corps qui s’élèvent
Tintoret, le Greco
ceci est harmonie
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Kant met fin à la métaphysique par la critique, c’est assez clair, il ne place plus l’infini comme premier par rapport au fini, il sort des impasses logiques des propriétés de Dieu, l’être sur lequel il n’y a pas de donné, pour lequel il n’y a pas de différence entre donné et créé, aucune déchéance puisque tout est spontanéité. Donc pour Kant la finitude devient le point de départ. C’est la question du cogito dont on peut se demander comment ça fonctionne dans les calculs de Lacan.
donc le doute , la pensée, et le “je pense” qui suppose “être”, donc je je suis une chose qui pense, seulement sous quelle forme cette existence est elle déterminée? selon la receptivité dans l’espace et dans le temps
la singularité finie kantienne va fonctionner selon des catégories imaginaires, le moi dans l’espace temps, en fait il bute sur un problème de topologie et sur le fantasme sadien; on sait que Lacan va effectuer un calcul pour déterminer @, c’est par le calcul que le réel va advenir dans cette prise imaginaire, bon!
Descartes n’a pas besoin de passer par cette moïsation puisque l’Autre demeure le garant de l’opération du cogito, bien sûr il faut reprendre la question du rêve de Descartes
Foucault est il kantien? il nous parle des techniques disciplinaires et des termes juridiques, il insiste sur l’irréductible du visible et de l’énonçable, sur le primat de l’énoncé, mais aussi sur la capture de l’énonçable et du visible l’un à l’autre. Notre sujet se trouve socio-politiquement noué dans cet aspect de l’imaginaire , ce que nous voyons ne se loge pas dans ce que nous disons, les consistances sont irréductibles l’un à l’autre
Voir, parler
chez Blanchot cette fois, parler ce n’est pas voir
le cinema accuse cet écart entre voir et entendre, Syberberg, Straubb, Duras
chez Blanchot, l’exercice supérieur du parlé comme ce qui ne peut être que parlé , la mort, ce qui se dérobe à tout usage empirique de la parole, le silence, la limite de la parole,
et reciproquement dans le voir, ce qui ne peut être que vu, la lumière, l’image perdue de la ressemblance, plus vraie que l’objet, le cadavre
l’aventure du visible en ses limites comme degré préparatoire à l’exercice de la parole
l’indéterminé subsiste dans le déterminé
Blanchot, (Lacan?) cherche à pousser le voir vers la parole déterminée-indéterminée
Foucault maintient l’autonomie du visible, ça doit avoir une conséquence quant à la question des discours, quant à la modernité identitaire
le cinema pourrait ou a pu offrir une présentation d’une tension voir-parler de part et d’autre d’une béance, un réel?
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les monades sont sans porte ni fenêtre, sans trou
le sujet est sans porte, ni fenêtre
un aménagement très concret
le baroque comme pli sur pli, un pli qui va à l’infini
la pièce où ce qu’il y a à voir s’adresse à l’esprit, cellule de moine, théatre, la chambre obscure
une ouverture en haut et un jeu de miroirs
la monade miroir de la ville
la sacristie
le reste est façade en trompe l’oeil
la chambre en marbre noir
des ouvertures par lesquelles on ne voit rien
le cabinet de lecture noir, la lecture est une perception de l’esprit
un intérieur sans extérieur
tout ce qui est à voir est dedans
un extérieur à porte et fenêtre qui ne correspond plus à un intérieur
la façade n’exprime plus l’intérieur
des correspondances nouvelles
un intérieur ramassé sur soi
distinction de deux étages, un pli entre deux
il n’y a pas symbole de l’intérieur sur l’extérieur, mais allégorie indirecte
la ligne droite est limite de courbe
à l’architecture sensible correspond l’articulation des propositions d’essence et d’existence, l’analyse est infinie , l’essence en ses couches les plus profondes vise l’entendement de Dieu
il n’y a d’analyse qu’infini
Leibniz parle cependant des identiques comme derniers termes, infinis et absolument simples, termes qui n’ont rien à voir les uns avec les autres
ce sont des notions disparates, sans rapport
auto inclusion, identique à soi
formellement distinctes et ontologogiquement Une
le parlêtre vise l’absolument simple et se contente du relativement simple
par exemple la matière inanimée est requise (requisits) aux forces élastiques comme simples
essence et existence sont pliés autour de l’événement
l’exprimable de la proposition
l’événement est inclus dans la notion individuelle de celui à qui il arrive
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il y a des singularités, des points singuliers, des points d’inflexion, c’est ce qui est aussi à l’origine de la théorie des fonctions
il y a un certain rapport entre les singularités, un rapport ou non de compossibilité, c’est toujours la question de Dieu et du meilleur des mondes, le calcul de Dieu, d’ailleurs Leibniz est aussi un théoricien des jeux, un amateur de Go, il ne s’agit pas comme aux échecs de capturer mais d’entourer, d’inactiver
il y a compossibilité entre deux singularités lorsque le prolongement de l’une jusqu’au voisinage de l’autre donne lieu à une série convergente
un individu sera alors un condensé de singularités compossibles convergentes
les singularités sont pré-individuelles
il n’y a de réel que des singularités individuelles
le monde n’existe que dans les substances individuelles qui l’expriment
c’est à dire que la théorie des fonctions implique une logique de l’événement
La Théodicée est un roman boroque d’emboîtement de récits , un sommet mais pas de fin à la pyramide, du meilleur au pire sans fin, selon un plan de pavage harmonieux
chaque pièce est un monde
des mondes possibles mais des mondes incompossibles
chez Borgès le roman baroque maintient les mondes possibles actifs comme si Dieu les avait livré à l’existence ensemble
il y a deux séries de mondes, celui ordonné de Leibniz , celui ouvert de Borgès
les existences parallèles...
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qu’est ce la liberté? Dieu choisit entre des mondes possibles mais incompossibles, quant au parlêtre il aurait pu autre chose dans un autre monde
la liberté s’articule aux motifs qui ne sont pas poids sur les plateaux d’une balance, on peut les objectiver en ce sens, ou encore les dédoubler (puisque s’ils sont objectivés, il va falloir les subjectiver)
les motifs sont le tissu de l’âme
un fourmillement de petites inclinaisons qui plie l’âme dans tous les sens
le fond de la monade est un tapis avec des plis qui se font et se défont, une multiplicité
pruirit de l’inquiétude
vais je travailler ou aller rejoindre la dame de mes pensées? de quel côté plier mon âme?
il n’y a pas comparaison stricte mais opération de glissement d’un motif l’autre, de A à B, puis de B à A’
il y faut du temps, c’est une sorte d’intégration
bien sûr la plupart des actes sont sans motif
il y a des actes parfaits qui expriment toute l’amplitude de l’âme
il n’y a d’acte qu’au présent
l’âme y reçoit le mouvement en train de se faire
pas de morale de sommation, mais une éthique du présent
ainsi le damné ne peut l’être qu’au présent par exemple sa mort comme haine de Dieu
le baroque c’est cela l’unité d’un mouvement en train de se faire
le saint de la représentation qui éprouve directement son martyr
le damné se dédamne dès lors qu’il prend un peu d’amplitude dans sa vision étroite de la haine
le moi se modifie par délibération et l’acte libre est alors le produit d’une évolution naturelle
chacun mort de soi même, son crâne, le miroir de sa propre mort
connaissant tous les antécédents est-on à même de prédire, ainsi de Dieu , partout et toujours, il passe par tous les états de la monade, les modes selon l’ordre du temps, passent par des états successifs, Dieu ne fait que coïncider avec chaque monade au moment où elle fait l’acte au présent
la morale sera progrès de la raison, Dieu ayant choisi le meilleur des mondes, il y a une quantité de progrès déterminé et donc je ne peux progresser que si d’autres regressent, progresser c’est augmenter sa part de clarté sur le monde, c’est aussi deplier ce qui été replié dans la semence d’Adam y compris la raison, c’est à dire la lumière qui éclaire l’intérieur noir de la monade
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Wittegenstein a plus ou moins réussi à exterminer Whitehead, le complice de Russel pour les Principia mathematica. Deleuze raconte une série ainsi d’auteurs mise de côté, William James, le frère philosophe de l’écrivain, Alexander, Bergson...
il est donc question de l’événement, le comment être plutôt que l’être, ce qui est inclus dans le sujet, les événements, des rapports à l’existence
C’est une question de Whitehead , celle des conjonctions, la formation des occasions actuelles. il y a besoin pour cela d’une physique mathématique et d’un actuel de Dieu dans l’occasion présente.
donc conjonction, quelque chose de nouveau se dessine dans la diversité disjonctive des séries infinies sans limites, autrement dit il y a d’abord des vibrations
la vibration s’étend sur des sous-multiples, des harmoniques, son et couleur
vibration, sous multiples, harmoniques à l’infini, choas
et puis des caractères intrinséques, des rapports de vibrations, pour le son: durée, hauteur, intensité, timbre; pour la couleur: teinte, saturation, valeur, étendue
et puis des expressions quantitatives mesurant ces caractères, séries convergentes vers des limites
et puis la conjonction comme convergence de deux séries, occasion actuelle, nouveau
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Il s’agit de rendre compte de l’idée de Leibniz d’une nature entièrement machinée, une machine infinie; les machines humaines s’arrêtent au bout d’un moment, elles sont limitées, mais il y a à rendre compte du rapport tout-parties;
Leibniz raisonne sur la différence entre rapport entre nombres commensurables, nombres rationnels, fractions, et rapport entre nombres incommensrables, nombres irrationnels, limites d’une série convergente, des intensions; Pi? bien sûr une série peut ne pas converger, des extensions
ce qui est dans le sujet n’est pas un attribut, le jugement n’est pas d’attribution, il n’y a que des événements, l’événement est ce qui se dit, ce n’est pas simplement quelque chose qui se passe, c’est la donnée ultime du réel
le ciel est bleu non pas comme un attribut passif du ciel mais bien comme cet événement qui fait advenir le ciel, bien sûr c’est beaucoup plus facile en apparence parce que beaucoup plus imaginaire , si on dit que Fujimarowi a les yeux bleus
tout est occasion actuelle
un monde perpétuellement nouveau
on est plus dans la détermination de l’éternité mais dans la nouveauté incessante
d’abord le chaos, pure diversité disjonctive, désordre initial, comment sortir du chaos, cosmos de Gombrowiz (série des pendaisons, séries des bouches...), Lawrence qui empile les cadavres de la bataille, introduire un rangement dans le désordre initial
un champ électro-magnétique, ether, chôra
crible, formation des séries infinies, organisation du chaos, vibrations, harmoniques, pas de dernier terme, ces séries n’ont pas de limites, la machine de la nature, la machine infinie,
les vibrations se caractérisent comme son, couleur
mesure, séries convergentes qui tendent vers une limite
conjonction de séries, événement
Descartes est soupçonneux, il ne peut y avoir qu’un attribut, pas de multiplicité, c’est un homme de la renaissance
pas seulement convergence de séries par lesquelles passent une réalité, mais prolongement de séries convergentes les unes dans les autres, correrpondant à plusieurs réalités
mettre de l’ordre dans les infinis
les notions simples, les identiques, identiques en soi, l’infini par soi, premier niveau de l’entendement de Dieu
les définissables, infini du second ordre, infini par sa cause, des séries qui entrent à l’infini dans des rapports tout-parties,série des extensités
les réquisits, les limites, infini des séries convergentes qui tendent vers des limites
bien sûr Leibniz va rajouter d’autres infinis
comment sortir du chaos pour arriver à l’événement, Spinoza aussi parle de trois infinis, c’est d’ailleurs un problème pour Leibniz qui s’y ressource tout en ne voulant pas passé pour immanenciel
l’inflexion est vibration
l’événement comme passage de Dieu, c’est la monade comme préhension du monde
un sujet préhendant
un donné préhendé, préhension préalable, data de la préhension actuelle, data du sujet préhendant
tout événement est préhension d’événements précédents
jouer Stravinsky ce soir
rencontrer Fujimarowi
préhension par vomissement
troisième terme, la forme subjective , ma préhension actuelle, intégration, le feeling, l’affect, désir
une âme pleine de plis et de replis (Leibniz ou Nietzsche) bien sûr Hegel se croit profond
self enjoyment, enjoiement de soi,amuse toi, c’est l’opposé de la mélancolie de soi, contemplation, conversion d’une chose vers ce dont elle procède
chaque chose est contemplation de ses propres réquisits
les bêtes amères ne contemplent rien
les damnésles vaches contemplatives
le self enjoyement de Dieu est infini
la joie d’être soi même
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tout événement est spirituel
l’événement n’a d’existence actuelle que dans la monade qui exprime le monde, que dans chaque monade qui exprime le monde
l’événement s’actualise dans l’esprit
il faut qu’il s’effectue dans une matière, dans un corps
la définition d’un corps, ce dans quoi l’événement s’effectue
logique de l’événement
pas d’attribut, mais un événement
il y a disjonction entre substance métaphysique et sujet logique
rupture avec l’essentialisme attributif de la substance
donc maniérisme dans le cadre baroque
l’essence comme tout ce que nous exprimons et la puissance comme la zone que nous exprimons clairement
la monade est maniériste et non pas esssentialiste
tout est événement, c’est la vision maniériste du monde
l’événement est vibratoire (c’est la physique moderne pour Withehead)
de l’ordre de l’inflexion (c’est le calcul des séries pour Leibniz)
le concert comme événement, préhension des instruments entre eux, l’orchestration comme organisation des préhensions,
mais les feelings ne sont pas toujours positifs, il y a des monades qui craquent, des monades qui ne supportent pas certains points évocatifs,
le plaisir comme contraction d’une vibration, en contractant le nombre nous atteignons au plus haut point de plaisir, le plaisir d’être soi même
avoir un corps, contracter ses séries vibratoires
self enjoyment, musique pure
l’optimisme après Auschwitz ou le tremblement de terre de Lisbonne, supporter l’abominable quand il arrive, être digne de l’événement, digne de ce qui nous arrive, que ce soit un grand malheur ou un grand bonheur
vitalisme
ce que j’éprouve n’est pas immédiat mais saissement par un sujet préhendant
l’événement c’est aussi la montagne comme plissement
la préhension d’un objet éternel, la petite ritournelle reprise par Malher
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critères de la substance, logique, épistémologique, physique, psychologique
appel au corps
pourquoi les âmes auraient elles des corps
qu’est ce que ça veut dire avoir un corps
avoir un corps et avoir un point de vue
je me croyais arrivé au port et je fus rejeté en pleine mer, c’est cela avoir un corps
substance simple et substance composée
différence entre simplicité et unité
l’unité intérieure d’un mouvement
unité active d’un changement intérieur à la monade
la spontanéité
elle tire tout de son propre fond par spontanéité
être aux aguets de ce qui peut survenir
la perpétuelle inquiétude
ce qui manquera à la machine, l’inquiétude bestiale
l’âme produit spontanément sa propre douleur
le maniérisme
le couple fond-spontanéité par opposition au couple cartésien forme-essentialité
chaque monade exprime le monde, le monde est dans la monade
les perceptions sont les actions de la substance
la substance ne reçoit rien, elle a tout en elle même
le monde c’est ce que perçoit la monade
mon corps comme cette région perçue par ma monade
nous exprimons le monde entier à l’infini, le monde n’existe pas hors de nous tous qui l’exprimons
nous n’exprimons clairement qu’une portion limitée,
notre finitude, notre limitation
la zone que j’exprime clairement, c’est celle qui touche à mon corps
la monade a un corps
ce qui arrive dans mon corps, mon corps lui même, je ne l‘exprime pas clairement du tout, les mouvements de mon sang, ce qui m’est obscure
j’ai un corps parce que mon âme exprime clairement une petite région du monde
chaque monade est construite au visinage d’un petit nombre de singularités prolongeables dans d’autres singularités
rien n’est séparable dans le monde
les monades sont distinctes, l’une peut être pensée sans l’autre, elles ne sont pas cependant séparables, elles expriment un même monde
une puissance primitive active qui peut passer à l’acte
notre limitation n’empéche pas l’action
notre limitation est l’ombre des autres monades
le reste gît dans mon fond obscur
ma limitation c’est le fond obscure de mon âme
donner un peu d’ombre aux autres
la limitation comme puissance primitive active, l’exigence d’étendue et de résistance
la matière retarde
un damné est celui dont l’ombre a envahi toute l’âme
une âme à la réceptivité limitée, tout est ombre
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harmonie
l’exigence d’avoir un corps appartient le plus fondamentalement du monde à l’événement
l’événement nous guette, nous attend
une espèce d’explosion qui nous surprend, après à nouveau l’obscurité, la nuit
être digne d’un événement si petit qu’il soit
c’est l’aspect par lequel tout événement s’adresse à notre âme
le prophète digne de ce qui arrive, son gémissement fondamental
le monde n’existe que dans les monades qui l’expriment, au demeurant monde virtuel
le monde comme série infinie des états d’événements
un étage des replis de la matière
un étages des plis dans l’âme
circuit d’un étage à l’autre, le monde baroque
l’événement implique les deux étages, s’actualise dans la monade, s’inscrit dans un corps vécu, l’événement fait des plis dans l’âme, dans la matière
la monade sort d’elle même, sans porte ni fenêtre
les deux étages comme circuit de l’événement, pourtant jamais le moindre rapport direct entre l’âme et le corps
vinculum, une chaîne pour que les deux sortes de plis se correspondent
les plis sur trois régistres, plis des étoffes, plis des rochers, plis des nuages, Le Greco, circulation des plis qui se renvoient à l’infini
Fautrier, Dubuffet, Klee
la couture passe par le corps vivant, sans quoi le corps inorganique ne serait pas un corps réel, mais un corps imaginaire
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rêveries entre les deux étages
harmonie des âmes, harmonie des corps, harmonie des âmes avec les corps
le pathos de Rameau
par delà le mouvement quelque chose d’autre
harmonie et inflexions
mouvement physique musical et pathos harmonique
au delà du mécanisme du mouvement cartésien, harmonie préétablie
l’unité du monde c’est l’événement, l’inflexion
Socrate attend
tout événement est de l’esprit et du corps, non dualité, l’un est strictement dans l’autre
de l’inflexion au developpement
l’exprimé commun de toutes les monades que Dieu a fait passer à l’existence
les monades n’ont strictement rien à voir les unes avec les autres, sinon ce conttact formerait quelque chose de commun, un monde commun
elles sont entièrement fermées
l’harmonie est un rapport qui concerne l’expression
il y a une torsion entre l’exprimé et l’exprimant, une torsion hors de soi, une fonction
une part sombre qui est le fond de notre âme, ça ne veut pas dire le mal
le monde est virtuel , actuel dans l’ordre de la succession des monades
le corps est fait d’une infinité de parties actuelles infiniment petites, on ne peut pas arriver à une dernière partie, infini actuel, c’est mathématisable, c’est inimaginable; des multiplicités indénombrables, non de la nature du nombre
tout ce qui est fini est infini par certains aspects
distinction des ordres d’infini
une infinité de petites âmes
la distinction réelle n’implique pas la séparabilité
théorie du vivant
Dieu nous appelle, déplie nos propres parties pour que nous exprimions le monde
l’âme est pleine de plis qu’elle déplie partiellement
il faut qu’il y ait connexion entre ce qui se termine dans une monade et ce qui commence dans une autre; la connexion n’est pas directe puisque les monades n’agissent pas les unes sur les autres, il y a harmonie préétablie des monades entre elles
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Le Leibniz de Belaval ajoute à notre perplexité. Le personnage en rajoute côté historique, encyclopédisme.
la guerre, la ruine “inondée de sang”
ruine des moeurs, des sciences, des arts, de la philosophie
autodidacte,
on pourrait inventer un alphabet des pensées humaines, et, par la combinaison des lettres de cet alphabet et par l’analyse des mots formés à partir de ces lettres, on pourrait et tout découvrir et tout soumettre à l’analyse du jugement
langue universelle, caractéristique, dépasser l’Organon d’Aristote
notre homme connait les langues d’Europe, correspond avec des centaines de gens, voyage, rêve de la Chine, construit la généalogie des langues
logique formelle dans et hors la métaphysique
le souci de l’expérience
langue parfaite
les essences des choses sont comme des nombres
le nombre a un double aspect visible et invisible, cardinal
il réclame en droit des démonstrations d’une rigueur mathématique,à propos des jugements hypothètiques, calcul des probabilités
alphabet des pensées humaines
calcul analogue à la décomposition d’un nombre en facteurs premiers
chercher les combinaisons de ces facteurs premiers pour en avoir tous les prédicats possibles
l’existence n’est pas un prédicat mais se constate
rose croix
alchimie, la plus trompeuse des recherches
logifier le droit et toute science morale
ardent patriote
projet de conquête de l’Egypte
presque partout nous avons posé les fondements
les princes ont peu d’amitiés vraies et ne sauraient en avoir, il leur faut une âme dégagée de la passion, pour pouvoir veiller uniquement à la raison d’état
la détermination de la figure ne s’aurait s’expliquer ni par l’action d’un autre corps ni par l’espace, mais dans l’unité d’un Etre incorporel qui harmonise toutes choses
l’âme se situe au point de convergence de perspectives, vision, audition, tact
les dissonances comme les ombres se résolvent en une harmonie supérieure
l’espace comme réalité absolue, non mobile, le principe du mouvement est incorporel, il se trouve en esprit
une géométrie vivante capable de trouver mécaniquement toutes les figures
more topologico
effacer Descartes
Pascal
le seul à pouvoir commettre certains larcins intellectuels
transformer le raisonnement en calcul
la caractéristique élimenerait le critère psychologique, subjectif, cartésien de l’évidence pour y substituer une manipulation de signes
associer une grandeur inassignable à une grandeur assignable
libérer l’esprit d’une attention aux figures
le véritable infini est qualitatif
prolonger la ligne, diviser les intervalles, ne dépasse pas l’indéfini
l’infini est sans limites, indivisible, continu, antérieur aux modifications
toute représentation spatiale , toute représentation numérale de l’infini est manière de parler
les âmes sont in-nombrables, pas de la catégorie du nombre
l’esprit tire la matière de sa torpeur
Dieu dure éternellement parce qu’il agit absolument, nous durons temporellement parce que nous n’agissons que relativement à notre point de vue
seules au monde, les substances matérielles , inertes, produiraient un flux immobile, comme un espace vide
élasticité infinie, la division du continu n’est pas sable en grains mais feuillet, tunique en plis
la matière n’est pas spontanée
l’existence est la qualité du sujet qui fait que nous avons des sensations cohérentes
notre pensée n’est pas image cartésienne de l’idée de Dieu mais inuition non absolue donc non simple
la quantité se définit par des limites qui impliquent un au delà où l’on peut toujours avancer et elle n’est déterminée que par la négation de ce qui la dépasse
la liberté consiste à suivre la raison
l’excellence du formalisme qui s’exerce non sur la chose mais sur les caractères que nous avons substitués à la place de la chose
le caractère “ressemblant” des noms et des choses
loin que l’image constitue le concept, au contraire le concept donne son sens à l’image
la caractéristique dégage, sans s’arrêter à un contenu particulier, les lois générales du mécanisme métaphysique qui ordonne à la fois l’univers et notre raison
système dyadique, 0,1, néant, Dieu
le système cartésien calcule la figure, l’analysis situs construit l’opération figurale
la constance du mouvement mv devient mv2, Leibniz généralise au mouvement relatif à notre finitude
Pierre le Grand
il meurt comme un chien
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le réel est incompossible à la réalité
cela tient à la résistance de l’imaginaire vis à vis de la jouissance
on se plait à supposer un Leibniz amoureux
c’est ainsi que nous posons la lettre de Deleuze
faut-il encore pouvoir mesurer la place de la jouissance dans la monadologie
la monade est sans porte ni fenêtre
elle résume le monde de son point de vue
il n’y a aucune intersection des points de vue
elle ignore le temps puisque le temps est du domaine de l’existence, du qualitatif
elle constitue le monde dans la plicature de son obscur
la monade est femme
le qualitatif de l’essence
le point de vue est sans doute dans le passage à l’existence
le point de vue est dans la semblance phallique
si la semblance déjoue l’essence, la constituant comme existence, c’est qu’elle procède d’une localisation I, S ou R
la semblance phallique est pourtant necessaire comme est necessaire la façade baroque
le pire à être
une femme atteste de l’inexistence de La Femme
il n’y a pas de rapport sexuel
c’est à dire que le sexuel est la jouissance
une femme demeure autiste c’est à dire hors temps
le temps de la monade est celui de la topologie
il y a non disjonction des dimensions originaires
ceci se brise au jeu spéculaire
une structure sans bord
c’est ce qui précipite le différentiel dans le localisable
c’est à dire comme défini
rabattre l’infini sur le localisable
retournement de la surface de Boy comme support d’RSI
dans le retournement de la sphère s’opère le masque spéculaire de la perte d’une dimension de temps qui est tout autant l’identité à soi , alors qu’il n’y a de signifiant originaire que comme différent de lui même, ce qui se dit des temps du rêve qui est hors temps, c’est à dire hors spéculaire
il va falloir travailler sur différentiel (dy/dx et l’intégrale comme semblance du pli, localisation de la structure
la différence de Deleuze, la différance de Derrida