Marius et Jeannette
Le film de Robert Guédiguian pourrait s’entendre comme une comédie sur fond de ruines, entre des engins qui bouffent les murs de la cimenterie et la scène finale où les personnages dansent sur un espace gris libéré par ces mêmes machines . Ici on rit beaucoup dans cette proximité brechtienne chaleureuse où des micro logis imposent une proximité de tous à tous, où les histoires de cœur viennent croiser l’Histoire qui a trouvé un lieu d’énonciation en ce port de l’Estaque où l’accent se souvient aussi de la déportation des communistes, cet idéal assassiné qui ne laisse rien que le retour incessant du fascisme comme horizon pratique . Oui on rit beaucoup de cette truculence, de cette tendresse, de cette vérité des discours , véritable fossile du social .