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politique psychiatrique

politique psychiatrique

que représente le passage à l’acte psychotique dans l’économie politique actuelle? bien évidemment un prétexte à enfermement et contention. Le psychopathe télévisé, héros du monde médiatique, surgit d’un coup dans la réalité, comme Fredy surgi du poste. Les fantasmes présidentiels trouvaient dans ce personnage un remarquable lieu d’exposition interne et en même temps de régulation législative. Certes l’affaire Papin est un est un lieu clinique électif de cette interférence actualisée à condition de croiser ceci avec une autre actualité, le grand renfermement des classes dangereuses. Un pas important est franchi lorsqu’un psychiatre se trouve condamné parce que son patient a commis un meurtre. Dès lors la seule réponse possible au risque potentiel est l’enfermement à vie. Ceci joint au neuro-cognitivisme chimico-lacanoïde installe le camp légalisé au coeur du contrôle universel du sujet définitivement statistisé.

c’est une histoire en deux temps

Un «dangereux schizophrène» s’est échappé. Joël Gaillard est finalement arrêté. L’hopital l’estimant stabilisé avait autorisé une permission qui, annulée par le préfet, semble avoir induit une fugue.

 Il y a un passif, un meurtre déjà avec déjà une condamnation de l’Etat jugé responsable de n’avoir pu le rattraper avant. L’historique médiatisé évoque un premier épisode persécutif hallucinatoire avec passage à l’acte et placement d’office, dans le contexte de la mort de son père. Après une hospitalisation il redécompense sur le même mode, replacement, re sédation des troubles. Même jeu une autre fois et reguérison. Et le cycle repart, cette fois il s’attaque à un centre équestre qu’il suppose pédophile. Irresponsable, il retourne, guérit, sort et refuse de retourner à l’hôpital. Cette fois il tue le compagnon de sa grand mère à la hache. Irresponsable. C’est l’Etat qui est condamné en la personne du préfet qui a autorisé une sortie. Recycle plus loin cette fois, et c’est là qu’a lieu la valse hésitation du préfet et la fugue et la chasse à l’homme. S’en suit une surenchère médiatique et politique où les dires de la mère de Joël Gaillard vient se heurter aux propos sécuritaires de Michel Trabuc. Le tout culmine dans les propos de la députée UMP des Hautes-Alpes, Henriette Martinez «l’inadaptation de notre système psychiatrique pour accueillir des malades déjà passés à l’acte...Il manque une structure adaptée, entre la prison et l’hôpital» elle souhaite que «le médecin soit responsable de la sortie» des malades. La chose est entendue. L’idée de soin disparaît derrière la fugue de Fredy.

Un président chasse l’autre, social démocratie oblige, et la justice suit son cours,le Dr Danièle Canarelli est condamnée pour homicide involontaire , «multiples manquements, constitutifs de fautes caractérisées» dans sa prise en charge....  «défaillances ... à l’origine de l’errance du patient, de la fuite de l’établissement, puis du passage à l’acte qui a conduit à l’assassinat».Bref défaut d’évaluation et surtout de contention, aveuglement, et plus grave contre transfert positif pas assez méfiant comme le recommandait un enseignant de médecine légale qui revenait toujours sur la pointe des pieds après un entretien pour observer la patient à son insu, la justice sait que les «guérisons» n’étaient que dissimulation perverse, malgré la phrase déniée aussitôt, «la prédictivité et le risque zéro n’existent pas» ou encore«On n’est pas en train de juger la psychiatrie. Mais il n’y a pas non plus d’impunité pour qui que ce soit.» Rien dans le fond sur la structure de la psychose, rien non plus sur la prise en charge actuelle de Joël Gaillard. 

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