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sans ce cri

sans ce cri

 

c’est bien l’examen de la langue qui permet d’avancer dans l’obscur culturel, un abîme d’ignorance sans doute mais surtout la rencontre avec une pensée si proche étrangement

donc l’opposition plus ou moins le recouvrement de l’aryen au dravidien, le poids de la langue minorée et forclose, l’indétermination en tout cas sur cette question mais l’intemporel de la conscience de la langue prive de cette même conscience d’origine, le temps est celui de la structure, d’une oralité qui n’a pas besoin de l’écrit, en tout cas vers le milieu du second millénaire une langue existe , une littérature orale aussi qui va se formaliser en corpus vers le cinquième siècle, donc de toute façon une longue période d’interférences entre langues, il est possible de percevoir ce phénomène à travers une variation phonétique entre l’avestique et le védique, sans doute sous l’influence du dravidien, en tout cas une importance très grande de l’intonation qui fixe le sens, bra’hman est le rite, brahma’n est l’officer du rite, le védique semble se stabiliser très tôt comme soumis à une sorte de conscience linguistique, qui passe par le jeu complexe des modalités de récitation, qui module l’efficace de la parole comme énonciation à la différence de ce qui serait une ponctuation établie entre les mots, la coupure du signifiant est maintenue dans ce jeu récitatif non fixé  par l’écriture, mais il y a déjà une écriture ou plutôt il y a eu , les veda se développent sur fond linguistique et scriptural antérieur comme acte de mémoire d’intonation

c’est Pân.ini qui va stabiliser la grammaire vers 500 ajc, comme métalangue, formalisation scientifique, non pas historique mais structurale, imprégnée d’une haute culture tonale, verbale (variables des temps), il sait le védique pour le sanskrit classique, il indique que cette langue est présente dans l’Inde entière . son travail est remarquable de précision puisque sa recherche de sens passe par l’écart des langues, nr°t danser renvoie à l’indo-aryen ancien mais aussi au moyen indien nat, nat.a en pâli, n.ad.a en prâkrit, qui introduisent l’idée de trembler dravidien. Pân.ini intégre ainsi les racines diverses dans la langue une, il sanskritise les langues autres.

Kâtyâyana (troisième siècle) va poursuivre ce commentaire comme Vyâkaran.a-mahâ-bhâs.ya soit le grand commentaire sur la formation des paroles, Patan^jali (second siècle) fera de même pour préciser surtout les modes d’interprétation textuelle. Le travail de ces linguistes de génie a permis au sanskrit de s’imposer comme langue universelle capable d’intégrer les autres langues et de s’enrichir de cette fréquentation, de sorte que le prakit (plutôt administratif), le pâli (plutôt bouddhiste), l’ardhamâgadhî (plutôt jaina) demeurent localisés. Cette opération linguistique grammaticale bien que savante est demeurée tout sauf un meurtre de la langue, au contraire, ce qui prouve que l’usage de la structure et sa connaissance sont parfaitement adéquats. Cela se fait cependant par une certaine perte “spontanée” de la tonalité qui fait du sanskrit une langue seconde mais ceci quand même sur un intervalle de deux mille ans, d’autant que la fixation écrite y est certainement pour quelque chose, après tout l’inscription seconde comme écriture proprement dite tend à imaginariser la structure et donc le signifiant, faisons l’hypothèse que la phase proto-historique est tonale, picturale et que la phase historique est hiéréroglypgo-alphabétique. L’exemple du sanskrit semble établir une phase intermédiaire possible structurale. 

sanskrit veut dire sam.skr°ta soit construire, sans doute de manière parfaite puisque structurale, mais ouverte puisque conférant une aptitude, le langage est  sam.skr°ta, savoir qui rend apte à l’acte de parole, ce savoir ne se fonde sur aucune babélisation de l’UN mais bien sur le jeu polyphonique ouvert, même si effectivement l’étude nécessaire introduit une distinction entre individus, dont certains peuvent être plus proches de fait de la langue parfaite, sauf bien sûr que cette langue n’est pas donnée par l’UN mais se construit peu à peu et construit de facto l’Un de la langue. Il serait tout autant excessif de ne pas sacraliser lesVéda comme texte éternel, mais au nom après tout d’une recherche portant sur le secret structurel de la langue

“il y a quatre parts délimitées de la parole. Les brâhmanes qui contrôlent leur esprit les connaissent. Trois quarts étant placés dans un lieu caché, n’ont pas de mouvement. Les hommes parlent le quatrième quart de la parole” mais cet aspect après tout structurel ne va pas sans son aspect “religieux”

“la réalité qu’est la parole est le brahman impérissable, sans commencement ni fin; de lui émane la formation de l’univers sous la forme du sens”

La leçon est bien sûre très lacanienne, et les méandres du lacanisme dans leur jungisme acéphale s’y retrouvent

“ La grammaire est la porte de la délivrance, la médecine des impuretés de la parole. Elle purifie toutes les sciences; elle projette sa lumière sur elles... Elle est la première marche sur l’escalier de la réalisation des pouvoirs. Elle est la voie royale, sans détours, des aspirants à la délivrance”

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