Spinoza selon Deleuze...
Spinoza distingue des parties dites extensives, qui m’appartiennent selon certains rapports, qui actualisent une certaine essence intensive cette fois. Ceci permet à Spinoza d’établir une sorte de gradus dans trois genres de connaissances
d’abord l’ensemble des idées inadéquates, des passions, des signes, des affects passifs, des perceptions confuses ; le fait d’exister nous voue à cet ensemble par le biais des parties extensives, extérieures les unes ou autres; ces parties se choquent sans cesse , établissant des rapports plus ou moins transitoires;
avec de la viande, je fais de la viande à moi
dès lors l’essence n’existe qu’à travers ces parties extensives en rapport, ce qui induit idées inadéquates, affects passifs et perceptions confuses; l’essence demeure alors rivée à ce premier type de connaissance
sauf à connaître justement ce qu’il en est des rapports de cette essence avec les parties extensives; connaissance de ce dehors selon une couleur assez structurale. Il y a alors déplacement de la perception comme soumise non plus au choc mais à la connaissance du choc.
la connaissance serait alors adéquate, enfin plus adéquate, du moins s’il ne s’agit d’une connaissance abstraite
ce n’est pas la réduction de ce type de connaissance aux mathématiques, même si les mathématiques sont une section de ce second type de connaissance. La connaissance de la structure doit demeurer vouée à l’existence comme actuel de l’essence, c’est ce que peut indiquer la cure psychanalytique. Faut-il en venir encore à ce point où l’être lui même s’y défait? c’est une question celle du désêtre qui serait bien peu spinozien
savoir y faire avec la structure, c’est déjà pas mal, savoir y faire sans trop savoir, quitte à questionner un temps second de savoir ce qu’il en serait de ce savoir y faire
application à l’amour, du premier genre , la capture des idées inadéquates, des affects passifs, des perceptions confuses, quitte alors à en venir à cette connaissance justement du type de rapport en jeu
troisième type de connaissance, l’essence dont les rapports sont l’expression à travers l’existence c’est à dire l’immersion dans les parties extensives
bien sûr chaque individu demeure dans un système à trois dimensions, inadéquat, adéquat, essentiel, plus ou moins, uni , bi ou tri-dimensionné
l’essence passe à l’existence comme rapport extensif à quelque chose d’extérieur, ce qui actualise aussi un ici et maintenant, une localisation, une présentation inadéquate-adéquate de l’essence dans l’expression de ce qui va faire structure; bien sûr ça ne dure qu’un temps, le temps justement de l’existence localisée de l’essence
c’est selon ce lieu d’existence que peut se manifester le polemos, l’opposition des individus comme conflictuels dans l’extension , nullement en terme d’essence; l’existence est polémique puisque les parties extensives ne sont que conjoncturellement en rapport avec telle ou telle essence.
polémos à mort en temps que mort du rapport à telle ou telle partie extensive, ainsi d’une essence l’autre
la mort qui vient ainsi du dehors même si elle passe par l’existence d’une autre essence, y compris et surtout le suicide, forme extrême de l’ascétisme barbare
à la limite une essence sans rapport extensif, des rapports qui ne s’effectuent pas et retournent à leur potentiel d’effectuation
l’intensif de l’essence , à la limite, existe dès lors au titre de la non existence comme rapport extensif
les essences ne sont pas polémiques
c’est cela l’expérimentation de l’éternité
disons quelque chose du retrait sur l’essence mais pas au sens ascétique (la méchanceté ascétique), plutôt au sens de la rencontre de Laure et Georges Bataille, je dis ça en rapport avec ce qu’il peut en être de la cure (presque une cure avertie du discours philosophique) comme accès au second type de connaissance
on n’échappe pas au second type de connaissance, fusse en éclair, un point suffit pour disjoindre la totale immension de l’essence dans l’existence
bref il y a toujours un petit espoir qui tient sans doute à l’incommensurable de l’essence à l’existence, ce qui pourrait se dire tout autant du caractère de facto inadéquat de la langue à dire lalangue, elle supposée de l’Autre
Spinoza , géométre, parlera de proportion inadéquate-adéquate
la mort peut s’entendre au titre de cette proportion , c’est à dire selon l’intensité de l’essence dans l’existence , comme expérimentation de l’éternité à travers le second type de connaissance. il ne s’agit pas pour Spinoza de définir une immortalité de l’essence qui ne peut s’entendre théologiquement que selon une chronologie non une topologie, un avant et un après l’union âme-corps.
le temps est du domaine de l’extension
la topologie c’est le temps pour comprendre la topologie qui expérimente l’in-essentialité du temps lui même
qu’est ce qui est alors important dans l’existence?
une vie heureuse, la bénédiction à soi même?
ce calcul qui serait dans le fond l’ordinaire du calcul de proportion
avoir le temps d’en venir à ce qui serait le sens de l’important , de la juste proportion, c’est à dire faire tout pour éviter la mort prématurée qui serait en finir ascétiquement selon un rapport inadéquat
quant à l’adéquation des essences, il convient d’interroger l’actualisation des essences dans l’existence
et sans doute un des points essentiels est de dire que la mort vient du dehors, il n’y a pas de pulsion de mort, autre que l’actuation inessentielle du rapport inadéquat à l’extension
l’évaluation du temps qui reste, comment arranger ses affaires?
ce n’est pas lié à l’âge, alors aucune panique, d’ailleurs l’âge, la mort sont usures de l’extensif, aucune solution du côté des durées statistiques (durée de vie biologique en soi de l’espèce, durée de survie d’un piéton sur une autoroute...)
il n’y a d’interiorité que du côté de l’essence
il n’y a guère dès lors de sujet qui puisse prétendre à l’intériorité , l’affect demeure extensif, polémique, sauf à situer ceci du côté du troisième type de connaissance
l’affect demeure dans l’ordinaire de l’extension, et là on peut ranger aussi bien sexualité ou théologie, enfin du moins est-il question de l’obscurité des signes, leur polyvocité , une polyvocité extensive bornée par l’enjeu statistique des pratiques , enfin il faudrait creuser un peu ça, à savoir si le sexuel ne serait pas essentiel à la sexualité qui, elle, est évidemment mortelle, désespérée
pour reprendre l’exemple limite Bataille-Laure, le sexuel peut-il ou non poser quelque chose du côté du troisième type de connaissance? c’est à dire quelque chose qui passe par une traversée du fantasme qui n’est pas simplement une réduction ascétique ou mondaine du sexuel au semblant, quelque chose qui ne pourrait se boucler sur un sinthomadaquin R, S ou I, mais bien sur une instabilité chaotique du nouage
Spinoza en vient à l’idée de Dieu comme somme des essences, fondement de tous les rapports, Dieu qui se dégage de l’intelligibilité des rapports pour un fondement de tous les rapports
la question est donc celle d’autre chose comme contenant ultime des essences, il est question de la béatitude comme accès à l’essence même, le passage du Dieu épicurien au Dieu mystique
en tout cas, il n’y a aucune modération dans le spinozisme
c’est là qu’il convient de poursuivre la question justement de l’essence du signifiant
on ne peut évacuer l’essence au prix d’une mécanique des rapports
on ne peut fonder l’essence au prix d’un Etre
bien sûr il faut distinguer l’essence en soi et l’essence comme accident (qui après tout renvoie sans doute l’être du côté de l’événement, et voilà Badiou, c’est une autre histoire, il n’est pas sûr que ceci calme le concept)
Deleuze, quant à lui, pense du côté d’une essence qui ne serait pas du semblant sans être pour autant trop mystique
l’apparence de l’essence dans l’existence confère au parlêtre une tension entre ombre et lumière
il n’y a pas d’univocité ultime du signe puisqu’il n’y a pas d’Autre de l’Autre mais il n’y a pas d’Autre de l’Autre de l’Autre au sens d’un dogmatisme de l’Autre, étrange théologie négative qui chasse le sensible, dogmatisme noir qui après tout rejoint l’affect triste du masochisme ordinaire , le triomphe du jugement qui est antinomique de l’éthique . On en finit donc par la Shoah plus l’Apocalypse. Loin de la Science de l’être ( et non pas de l’Etre) qui est ravissement.
le désêtre est aussi soit une complaisance compulsive, soit une agitation mondaine et hystérique, c’est simplement le renoncement au tragique
le tyran , le prètre, l’homme du malheur
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Avant de risquer quelques points à propos de Spinoza, reprenons quelques fragments
donc 5 discours chez Lacan , 4 plus 1, 1 qui ne serait peut être pas si contradictoire à la théorie du sujet inconscient, disons tous japonais (nous y reviendrons à partir de Barthes, Lacan avait pu dire que les japonais n’ont pas d’inconscient, la fermeture de l’inconscient attestable avec l’effet de l’opérateur Freud comme mise en exergue du discours hystérique dans son rapport au discours de la science pour in fine en accompagner l’effacement ) , tous milleriens (le seul à lire Lacan) , tous derridiens (le philosophe le plus actuel) , tous transsexuels (queer sans même le bornage d’un positionnement de la perversion comme prise entre névrose et psychose, notion de perversion généralisée , la chose la plus ordinaire, mode du lien social dans le discours capitaliste, question par rapport à une traversée du fantasme généralisée qui laisse en plan le névrosé... )
$------S1
@ S2
discours hystérique
@------$
S2 S1
discours psychanalytique
S1------S2
$ @
discours du maître
S2------@
S1 $
discours universitaire
S1------@
$-------- S2
discours du Capitaliste
le trio mélancolie-phobie, paranoïa-compulsion, schizophrénie-hystérie fonctionne comme un indicateur clinique historial , c’est à dire comme mise en place historique du sujet , le sujet antique (distinction), celui des signes, celui des représentations, celui des identités
et donc à recouper avec cet autre trio Pessoa, Celine, Joyce qui, eux, anticipent le sujet moderne comme conséquent au boroméen généralisé et donc au signifiant nouveau
d’abord le mélancolique, à l’horizon de l’objet, de la foule des sujets, immixtion, l’archaïsme paranoïaque dans ses signes, le schizophrène délocalisé, et donc l’expérience littéraire comme cette poussée aux extrêmes
on ne peut sans s’interroger sur le statut du corps dont nous pouvions articuler la triplicité en organisme réel, corps symbolique et image du corps, avec sa localisation psychosomatique, sa disjonction hystérique (un corps sans organisme) ou compulsive (un organisme sans corps), dans les deux cas il y a recouvrement des consistances et nouage cependant, le cas psychosomatique suppose un autre type de nouage comme psychose du corps, et sur cette base on peut se demander ce que devient ce corps dans la prise des discours
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Il y a une différence idée affect (affectio affection, affectus affect) ; l’idée est un mode de pensée qui représente quelque chose (ex: l’idée de triangle); il faut distinguer une réalité objective et une réalité de l’objet de la représentation
donc on distingue l’idée représentative de l’objet , par exemple le triangle
notée (i)de quelque chose
et l’affect qui est idée représentative de rien , par exemple amour, angoisse, espérance, vouloir
(a) de rien
(i)< (a)
ce qui exprime un primat chrono-logique
mais (a) implique (i)
ainsi l’affect amoureux est non représentatif de (d), la dame des pensées mais il implique l’idée amoureuse représentative de (d)
(i) est différent de (a), radicalement, comme réduction
(i) réalité objective, comme réalité formelle, voire réalité de l’idée elle même
(i) sur lui même comme i(i)
l’idée représentative du triangle suppose l’idée du triangle comme réalité en tant que perfection intrinsèque
(a) pour (d)
(i) pour (d) extrinsèque
i(i) pour (d) intrinsèque
peu importe que (d) soit dame, dieu, grenouille
les différents i(i) ont des degrés de perfection différents
de (a) à (i) puis i(i) ,qu’en est il du retour sur (a), puisque l’affect fait consister la chose jusqu’à la faire apparaître comme distincte, il y a un mouvement affecté vers la chose qui la rend objectivement sensible puis la rend à sa nature de signifiant qui fait structure d’où procède l’affect
mais en même temps une idée (perception) chasse l’autre, c’est l’automaton spirituel, quelque chose en moi ne cesse de varier, c’est la variation de ma force d’exister, de ma puissance d’agir
(a) pour (a’)
(i) pour (i’)
c’est une variation continue
(d) positif pour (d’) qui implique une déprime
(a) pour (a’)
(i) pour (i’)
(i) pour i(i’)
c’est une variation continue
on passe d’un degré de perception à un autre
il y a variation de l’affect
affect 1 , de (a) pour (d)
(i) pour (d)
i(i) pour (d)
affect 2 différentiel lié à la variation
le second affect est il sous la dépendance du retour de l’affect premier ou n’existe il d’affect et donc d’objet que selon le différentiel d’un affect l’autre et donc d’un objet l’autre? de tel sorte qu’il n’existe qu’un affect, celui relatif à l’objet nombré de la structure
la joie est l’ augmentation de la puissance d’agir, la tristesse diminution de cette puissance
le pouvoir inspire nécessairement de la tristesse
tristesse ponctuelle du premier degré
tristesse différentielle du second degré
ceci définit l’existence de l’automaton spirituel
l’idée affection est l’état d’un corps selon l’action d’un corps (mélange, soleil, d, corps modifié par l’affectant)
idée notion
idée essence
l’affection du corps, premier genre de connaissance, c’est la connaissance des choses par leurs effets (soleil , dame), une représentation d’effets sans les causes, ce sont des idées inadéquates, confuses, c’est vivre au hasard des rencontres, occursus, il n’y a pas de différence en sympathie spirituelle et rapport corporel
l’idée affection (soleil dame, dieu, fromage) ne dit pas en quoi le corps affectant convient ou pas, on ne sait pas
qu’est ce qu’un corps?c’est la permanence d’un rapport entre des parties dans la variation qui affecte ce corps, une individualité, un corps est composé à l’infini de parties, parties de parties
comment s’élever à la connaissance des causes?
nous ne pouvons nous connaître nous même
nous ne pouvons connaître les autres que comme effets affectants
il n’y a pas de cogito
il n’y a pas de perfection adamique
tu ne mangeras pas n’est pas un interdit, c’est un conseil relatif justement au mal comme occursus négatif
ce qui compte est non le genre mais l’affect du corps
savoir ce dont vous être capable dans l’occursus
éthologie différentielle supérieure à la détermination spécifique
l’occursus négatif implique un investissement dans la trace comme diminution de la puissance d’agir
potentiellement la puissance d’agir peut augmenter à l’infini
l’éthique n’est pas morale
il ne s’agit donc pas ce que nous devons mais comment
la puissance d’agir conquise au delà des variations continues
mon corps affectés par les corps affectants peut être réduit à la passivité, à l’impuissance
comprendre les rapports caractéristiques entre deux cops c’est aller vers la compréhension de la cause
l’idée adéquate est une notion commune à tous les corps, à tous les esprits
la tristesse ne rend pas intelligent
la méditation est sur la vie et non sur la mort qui est une mauvaise rencontre
il faut vivre à la limite de son propre pouvoir d’être affecté
être affecté de l’univers entier, c’est la définition de dieu
vieillir
Spinoza dit merde à Leibniz
il faut sortir des passions, acquérir la possession formelle de sa puissance e d’agir
troisième type de connaissance mystique est donc athée, c’est la béatitude, l’autoaffect, l’identité pure, nous pourrions essayer de traduire en notant de la polysémie affectée ne rencontre le monde qu’au prix non d’une errance objectale mais en mettant l’accent sur la variation affectée qui conduit à l’essence même de la chose en soi, qui est béatitude au sens non d’une possession de la chose mais de la présence insue à la Chose ex-istente dans la perception des choses du monde. Il n’y a de fait aucun désêtre mais l’animation différentielle des choses par la présence de la Chose en soi, qui demeure cependant parfaitement monade c’est à dire chiffre singulier. La structure est im-perceptible. L’autre ne nous advient que dans l’éclipse de la variation continue
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il y a une différence entre théologie (que l’on ignore) et philosophie (que l’on méprise d’ailleurs)
qu’est ce que Dieu?
nous supposons être libre du théologique, ne pas penser que nous y sommes liés existentiellement
autrement dit, hors de dieu, est ce que l’on peut faire n’importe quoi?
contraintes formelles et fondamentales de dieu qui autorisent une liberté (paradoxale) d’expression
tourner les obstacles en moyens
mort de dieu, fin de l’art
l’art dans son rapport à l’Autre
l’art de l’Autre Anonyme
le concept théo-logique n’a pas besoin de représenter quelque chose, d’emblée on est du côté de l’affect pour rien
jusqu’où pouvoir aller sans le discours théologique
sans doute fort loin, Thomas mélancolique... le cas de Spinoza est particulier car sans doute plus rigoureux. Aucune enveloppe. Spinoza part de quelque chose qui est sans représentation
Spinoza travaille un système de concepts
Leibniz reprend les choses depuis leur commencement, la création ex-nihilo questionne la représentation issue de rien
l’entendement infini de dieu potentialise des mondes, des représentations
l’essence même de dieu tend à l’existence
mais il y a des possibles incompatibles même pour dieu ou dieu lui même
la compatibilité du possible vise à la perfection
ce qui s’émane du créatif pour faire monde est parfait, comme combinatoire possible du jeu de dieu
le jeu dans le concept mène à l’existence
ce qui est vrai pour dieu devient la condition même du concept, ne représenter rien
là Leibniz est très fort. sans doute un peu plus tordu que Spinoza, mais ce choix du concept de rien s’inscrit dans un système, une séquence, la logique du concept
ce qui vient de dieu, à la fois le concept et sa logique
alors bien sûr le concept ne va pas de soi
par exemple l’être et l’un
un implique l’être comme émanation
les étants implique l’être
l’être ne procède de l’un que hors d’une logique immanente du multiple
l’immanence critique toujours en soi la séquence émanative puisqu’il y va de l’un et du multiple; le multiple a prise sur l’être de l’un
si Spinoza insiste sur l’immanence des étants alors l’être, l’Un, l’Autre ... tournent à vide
il y a un trouble si on saute la séquence causale depuis l’Autre puisqu’il n’y a aucune distinction entre la substance des étants et les étants eux même. Pas de hiérarchie dans les attributs de la substance.
réduction à un plan immanent qui comprend toutes choses et leurs attributs
les séquences transcendantes se trouvent réduites à un jeu purement abstrait de concepts
conséquence du côté d’une infinie discrétion de vie, Spinoza écrit l’Ethique et polit des verres de lunettes, aucune aspiration au professorat
la mise en place d’un autre genre de système est ici mise à mal par le caractère local du parcours, point de lieu Autre, juste des zones incomplètes, des clôtures impossibles
un enchaînement ouvert de concepts
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La formation, l’invention du concept comme redoublement du mot sur lui même, pente néologique, entre l’élangues et lalangue. Le concept tient à lalangue pour peu qu’il tienne à la clinique de la langue. La question d’Heidegger revient ici, comme un parmi les Holderlin, Celan, Nietzsche..., un qui semble tenir à l’articulé du concept et qui pourtant délire l’histoire en 33, tout comme Céline. Cette pente néologique du concept force tout autant le langage à produire du sens, à faire effraction à la fermeture du savoir, quitte à retrouver bien sûr plus loin ce type de fermeture.
Nicolas de Cuses invente le possest, c’est à dire la manifestation de l’être comme puissance, acte. Le passage d’une qualité (essence) à une quantité (puissance) dont l’intensité mesure la présence de l’être . L’être n’existe que dans sa manifestation en acte et donc en retour (si nécessaire) il n’est de savoir de l’être qu’à partir de cette intensité de l’étant. Je dis si nécessaire parce qu’après tout ce retour sur l’être n’est peut être pas nécessaire, le troisième type de connaissance chez Spinoza est peut être comme le stade esthétique chez Kant ou le desêtre chez Lacan.
La question de l’être est de toute façon suspendue à celle du manifesté de l’étant, de la puissance de la chose.
Ici s’ouvre une très intéressante parenthèse sur le droit naturel. Chez Cicéron qui reprend cette question antique, le droit naturel est relatif à l’essence de la chose, et donc une bonne société sera une société qui va permettre de réaliser cette essence (par exemple l’homme animal raisonnable) . il sera donc question d’officium, c’est à dire de devoir, celui d’être conforme à l’essence. On pourrait songer à Foucault, l’homme d’essence sexuelle, avec ces conséquences quant à la recherche des plaisirs , au type de lien social, au politique. Là aussi la confusion entre sexualité et sexuel est source d’un type de subjectivation qui sera extérieur au réel lacanien , à moins qu’il y ait quelque chose dans le réel lacanien qui finisse par conduire à un pire que Freud ( et son principe de réalité) pour une mystique, voire une mystification, selon la crypte insu d’un Autre dogmatiquement barré.
La question du droit naturel induisait le sage comme le sachant y faire avec l’essence, d’où sa responsabilité politique. Quant au psychanalyste dans la cité la question est ouverte.
Après tout il y a un héritage, celui du christianisme, qui reprend la question du droit naturel jusqu’au rôle de l’homme de Dieu, spécialiste des essences selon l’Essence.
On sait aussi que ce naturel , d’essence adamique (la perfection en essence de l’homme) est combattu par Hobbes qui y préfère le terme de puissance. Une chose se définit par ce qu’elle peut. Et est permis tout ce qu’on peut. Ce à quoi répond le droit social de l’interdit qui va défendre , se défendre, de l’état de nature. Ceci peut conduire à une éthique du comment faire, certainement pas à une morale du devoir être. Il n’y a pas de compétence extérieure au sujet.
S’il n’est d’essence que la puissance en acte, s’il n’est de limitation à ce pouvoir qu’un terme social plus ou moins arbitraire qui ne peut plus se fonder sur un gradus de compétence essentiel, nous en venons à un certain nombre de contradictions, sur la morale du devoir et l’éthique de l’acte, sur ce qui doit advenir au lieu de la chose, sur une exigence de la puissance face au fantasme schmittien. Pas de sujet adamique.
Il n’y a pas d’essence en soi mais une essence en quelque sorte comme degré de puissance, quantité. On ne définit plus un référentiel moral dans un rapport de l’étant à ce qu’il peut, à ce qui est conforme à son rythme. Si tu aimes boire, bois. Si c’est ce que tu peux faire de mieux, mais n’attends pas que je te dise que c’est bien ou mal, n’attends pas de me prendre dans un sorte de plainte qui serait en quelque sorte de ne pas y arriver vraiment. Dire ainsi c’est bien sûr une façon assez particulière de traiter le symptôme. Ce n’est pas exactement du soin. Nul rapport à l’essence, le bien, le mal, mais une affaire de ton, qui définit une éthique et permet de poser des degrés de puissance dans l’actuel notionnel de l’étant, de sorte que Spinoza comme Nietzsche vont placer côte à côte , parmi les impuissants, l’esclave, le tyran ou le prêtre. On retrouve tout à fait la question posée par Schmitt. Il est donc question de la tristesse, un ton qui attriste la vie. tristesse, mauvaise conscience, la misère de la nature humaine, ce fond de pathos qui colle la puissance au sol. Spinoza ne se moque pas de l’homme, il rit de la puissance de ses semblables, il rit de leurs performances. Vivre de remords, petite vie qui cherche l’ignominie du semblable, abaisser toujours ce qui vient. Une morale d’esclave dit Nietzsche.
Puisqu’il n’y a plus de révélation originaire de l’être, il n’y a plus que des étants selon des manières d’être, ce qui définit un rapport entre une substance infinie et des étants de cette substance comme éthique c’est à dire éthologie des modes. Il n’y a pas de morale parce qu’il n’y a pas de Bien dans l’Un qui anticiperait l’être et donc les étants. Et donc il n’est pas sûr qu’il y ait une essence de l’homme et donc un ordre de réaliser cette essence. Soit raisonnable c’est à dire rejoindre moralement la raison qui est ton essence.
Sans morale, il n’est plus d’essence mais au contraire une éthique qui est d’existence. Et cette existence se manifeste selon des modes qualitatifs et selon une échelle quantitative. Puisque l’on ne peut plus avoir affaire à une instance de jugement, il va falloir se débrouiller autrement, demeurer sur des paramètres purement immanents. Ce qu’un homme peut, corps et âme. On a affaire à une sorte d’ethologie pratique nullement soumise à une nosologie hiérarchique. Il y a de la différence mais cette différence ne se mesure pas du tout selon une échelle absolue. Il n’est pas sûr qu’il s’agisse d’une différence de soi à soi. Ni donc une différence dans l’Un , ni une différence d’avec soi même. Il faudrait bien finir notre séminaire de cette année en arrivant à préciser un peu ce que Deleuze entend par différence en rapport avec le signifiant de Lacan et la différance de Derrida.
Sur le plan pratique, l’éthique de Spinoza est radicale par rapport aux considérations de Hobbes-Schmitt sur le social, c’est à dire que l’absence de référence extérieure de l’éthique est absolue. Nul n’est à même de prendre le relais du prêtre, au nom du bien commun que celui ci soit l’Etat ou la Mondialisation. Pour peu que le sujet ne soit plus jointif à l’affect premier de la chose, il peut mesurer rationnellement ce qui est en son pouvoir ou non.
conséquence pratique, comment l’esclave peut il donc lutter pour cultiver son impuissance? c’est tout le problème de la révolution trahie, Cromwell, Staline... sans doute que la révolution signe quelque chose comme le refus de l’ordre, c’est à dire de la hiérarchie des étants dans l’être, mais tout aussitôt pour retourner à l’ordre dès lors que se manifeste l’immanence pratique, tous les étants se valent dans l’être. Il n’est de politique qu’anarchique (écrivons @-narchie comme question)
L’anarchie c’est ce mode de lien social où l’homme peut effectuer sa puissance dans les meilleurs conditions. D’où un paradoxe de l’obéissance qui ne procède pas de l’un mais du multiple.
S’il n’y a pas de Bien ou de Beau en l’Un qui implique une morale de l’être où l’étant se doit à son essence, comment traiter du problème du mal de manière immanente? puisque le mal c’est ce qui va limiter la puissance de l’existence. Hobbes résout le problème non pas naïvement comme Schmitt, aucun équilibre naturel, mais une contrainte, le Léviathan . Pour Spinoza , cette solution n’est pas possible puisqu’elle rétablit une hiérarchie dans les étants. Alors quoi?
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Spinoza n’a pas eu d’élève, c’est tout à son honneur. Encore que Leibniz... en tout cas il y eut le méchant élève Blyenberg qui ne veut pas croire à la positivité spinoziste de la rencontre des corps, cette possible composition. Il ne voit ou n’y voit que chaos, et ce au titre du Tout; or c’est précisément sur la base de la totalité que Spinoza affirme qu’il y a composition et non équilibre local entre composition et décomposition.
Blyenberg se rétracte aussitôt sans qu’on sache s’il perçoit que c’est de part sa vision totale qu’il confond le local et l’ensemble. Il revient à la charge cette fois sur le plan moral, puisqu’il ne voit dans l’éthique que l’éloge du goût (on peut songer en parallèle à l’usage du terme chez Kant) Entre vice et vertu, ce qui va compter c’est ce qui m’arrange
Spinoza maintient sa position éthique et il prend exemple du matricide de Néron, ce n’est point crime, c’est un acte positif, par contre il est ingrat, impitoyable, insoumis et !à c’est autre chose. Ce n’est pas comparable au crime d’Oreste pourtant de même nature. Pour éclairer ce paradoxe Spinoza part de l’idée que passion et raison peuvent oeuvrer au même acte. Le point qui frappe frappe en puissance de nature, c’est ce qui fait vertu. Quant à ce qui détermine le coup cela sera selon une image claire ou obscure. quant à ce qui advient et bien , dans l’exemple, la tête de la mère , Marie, donc se décompose de ce coup. Dans le cas d’Oreste, il ne s’agit pas de sa mère en soi mais du crime de sa mère et donc de recomposition du côté du père. C’est une question de composition et de définition qui va définir le bon et le mauvais. Il ne s’agit pas que de jouer sur un paradoxe mais bien d’aller jusqu’à ce qui pourrait fonder l’ordre des choses à savoir Dieu qui dès lors ne peut plus faire signe mais simplement expression, il ne renvoie à aucune signification, mais à la compréhension de rapports, la pomme tombe, le poison tue, tout le possible est nécessaire, il n’y a pas de retour, le tout est l’ensemble des effctuations. Aucune révélation, juste l’exposition des rapports, de sorte que la loi n’est nullement impératif moral mais connaissance des rapports. Dieu est ainsi ce à partir de quoi il est possible de récuser la notion de signe au profit d’un langage de l’expression qui est celui de la composition des rapports à l’infini. S’il n’y a pas de loi morale, il n’y a non plus d’autorité mais la liberté de penser et la tyrannie du lien social normant.
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un appétit bassement sensuel, est-ce mauvais? faire l’amour, ce que veut le corps, vertu, expression d’une puissance, mais décomposition de rapport de l’un à l’autre , on voit la conséquence de cette sexologie libérée universelle comme instrument de puissance (bel exemple le film Twenty nine Palms, un couple de ce type qui rencontre un autre truc identique dans le désert)
un véritable amour , composition
mais comment faire autrement puisqu’il n’y a pas volonté mais association de l’action à une image de chose
il n’y a pas manque d’un état meilleur, c’est ainsi
la pierre ne saurait manquer de vue
ce n’est pas forcément le cas de l’affection bassement sensuelle
ne serait-ce qu’une fois, avoir l’idée du véritable amour, c’est du domaine de la connaissance du second type
il y a donc un manque intrinsèque et un manque extrinsèque
mais peut-on fonder le manque potentiel sur le comparatif d’un sujet l’autre?
aussi parfait que le permet l’affection de la puissance de sorte qu’il n’y a d’essence qu’au titre de cette perfection instantanée
il y a une stricte instantanéité de l’appartenance à l’essence
alors devenir meilleur sur la durée?
l’éternité comme modalité de l’essence, hors temps
l’instantané comme affect de l’essence, comme coupure de l’action pour une image de la chose
et la durée
transition de a à a’
la durée comme vécu d’une chose à une autre
Bergson découpe dans l’autre sens (partir de l’autre sens, d’un découpe de la totalité suppose quand même cette totalité!)
il n’y a que des états de la durée
quelque chose d’irréductible
de l’état a (affection de l’essence (1)) à l’état a’ (affection de l’essence 2), c’est cela la durée comme enveloppe du passage
l’affect c’est le vécu de la durée, de la variation de puissance affectée
1_ je suis sans amour, aveugle
2_ je suis affecté d’un amour bassement sensuel ou d’un véritable amour
l’état actuel et sa transition
l’éthique est différentielle non symbolique
le symbolique n’est que la morale en place d’éthique
ainsi au point de vue personnel ou social, la loi fait signe plus ou moins en représentation, c’est ce qui cadre l’imaginaire par le symbolique d’un Autre à priori
le réel n’est qu’au delà, il est éthique, ou topologie du temps
d’abord le monde des signes, multiples, confus, sans doute non vectorisés (sauf au titre d’une herméneutique du pouvoir), puis le monde des signes vectorisés par l’autofondation univoque de l’Autre, puis après ce temps qui est le Quatrocento, le retour de l’antique, la coupure cartésienne, le monde des représentations qui fait advenir le sujet pour le maître, hystérie et science, la coupure freudienne institue la découpe moïque, l’immixion universel des sujets comme marchandisation des étants
vous voyez l’importance d’une éthique réelle
joie/tristesse ce que j’éprouve comme idée de puissance
la tristesse engendre la haine
il y a une joie de la haine, mais ce n’est pas une augmentation de puissance, puisque demeure la tristesse de départ
ce qui ne me convient pas, haine, fixation, localisation de trace, essai de localisation qui est diminution de puissance, affectée par ce qui ne convient pas
c’est exactement l’inverse pour ce qui convient
puissance en expansion
éthique de la puissance et non de l’augmentation de pouvoir
la tristesse, imposer la tristesse , cette haine de l’impuissance
il y a toujours des tristesses locales, mais il y a aussi l’investissement ou non de la trace
le sujet est partie de la puissance de Dieu puisqu’il a un certain degré , un quantum , de puissance, un individuation, il est donc éternel
mais il est instantanément affecté, il est différent
et ce différent varie selon la durée, et donc en intention selon le différent qui est cette fois l’essence éternelle
soit deux cercles intérieurs non concentriques, vous définissez la plus petite et la plus grande distance, et la somme des inégalités de distances et vous avec un infini entre limites
un degré de puissance est une différence entre un maximum et un minimum, ce qui compte ce n’est pas la somme des rapports mais la somme des différences de rapports
ce qui compte au delà de cette mécanique, c’est de définir une certaine vibration
est la somme
sinus x
et de
le minimum c’est la mort
le maximum c’est la béatitude
entre le système des passions, joie ou tristesse, la joie n’est pas la béatitude puisqu’elle est dans la variation elle même de la puissance
il y a toujours un affect de soi sur soi, aussi bien pour la joie que pour la tristesse, c’est à dire qu’il y a toujours une affection du monde qui fixe des traces, et donc limite la puissance d’agir, sauf au seuil de béatitude où le seuil de puissance d’agir est dans le sens du différenc non du différent et donc ce troisième type de connaissance est tel que plus rien ne vient du dehors , mais où il n’y a plus de différence du dehors et du dedans, tous les affects sont actifs
donc effectivement l’éthique est géométrique et travaille sur un paradoxe entre l’infini numérique et le calcul sur les infinis, on est donc entre le différentiel et le transfini
il n’y a pas de liberté naturelle de l’homme, ni de raison, il n’y a que le choc des rencontres... liberté et raison sont en devenir
expérimenter ce qui convient ou pas
se retirer des situations qui ne conviennent pas
il faut construire sa capacité
personne ne sait ce dont il est capable
il y faut des situations qui montrent ou pas
mourir sans avoir su par exemple ce dont on était capable
donc des signes des rapports parfaitement équivoques que ce soit linguistique, prophétique ou social
où peut se jouer la variation expérimentale de la puissance comme actualisation de l’essence
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l’individuation est une composition de rapports, mais c’est aussi une variation en puissance, l’individu n’est pas une substance, il n’a pas de forme, la structure topologique est non pas figure mais une certaine variation instantanée
il s’agit de penser le rapport en dehors de ces termes, c’est à dire de manière purement immanente
un rapport différentiel
dy/dx
dy et dx une quantité évanouissante
deux quantités quasi nulles dont le rapport ne s’annule pas
la subsistance du rapport quand les termes s’évanouissent
ce qui implique donc l’infiniment petit
et le rapport sera noté z, c’est à dire ni x ni y
par exemple la tangente à une courbe en un point qui est quelque chose de fini
l’immanence de l’infini est dans le fini
et inversement quelque chose de fini comporte une infinité sous un certain rapport
un individu est dans la finitude, la limite et en même temps il y a toujours un infini qui est engagé par le rapport
l’infini est incompréhensible, mais conçu
on peut le concevoir sans le comprendre , ce qui supposerait un entendement lui même infini
tout individu tend vers une limite, le différentiel tend à une limite , ainsi de la tangente qui d’ailleurs est une droite infinie, mais cette courbe est enveloppe de tangentes
certes il y a un commun entre la notion de limite et la notion de contour de la forme, pente idéaliste qui fera de l’essence la forme même rapportée à son contour
un cercle pur, une pure idée de cercle
l’individu est rapporté à une forme tactile-optique
c’est la vision platonicienne où l’analogie tactico-optique est indissociable de l’idée
les stoïciens vont objecter que le contour est du non-être où cesse la chose, et la vie ne procède pas par moulage, Dieu n’est pas sculpteur
insister sur la forme c’est à la fois négliger l’intérieur et négliger l’action
on demeure dans une belle extériorité
les corps ne sont pas des idées mais des corps, c’est à dire que la limite n’est pas celle de la forme mais de l’action
la limite est dynamique , non contour, et d’ailleurs la limite est flou, c’est un ouvert qui ne contient pas sa limite
pour Platon l’individu est un fermé réduit à son contour
pour les stoïciens l’individu est un ouvert en puissance sans bord
l’idéalisme va se déplacer chez Plotin vers des êtres indéfinissables comme la lumière, c’est une réponse où la référence matérielle retourne en l’Autre, de sorte que le plan d’immanence stoïcien redevient opaque
la lumière n’est pas dans l’espace, elle constitue l’espace, l’espace est une expansion de la lumière
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un individu est composé d’une infinité de parties extensives
le fini renvoie à un terme, ça s’arrête, on peut dire l’atome, là où on ne peut pas analyser plus loin
l’indéfini renvoie à l’absence de terme
mais contre l’infini actuel parle en terme de termes infinis, un infini en acte
les atomes spinozistes sont infiniment petits, des évanouissants
donc pas un à peu mais par collections infinies
un individu a une collection infinie d’infiniment petits
les corps simples n’ont ni figure, ni grandeur, par contre la collection oui (cf intégration de courbe)
comment distinguer les collections
en tout cas il y en a autant que d’individus
et ces ensembles d’infinis ne se valent pas
les corps simples n’ont aucune intériorité, ils n’ont que des rapports extérieurs les uns ou autres
sous quel aspect un ensemble infini de corps simples appartient à tel ou tel individu
et bien sous l’aspect d’un certain rapport spécifique, de mouvement et de repos
est ce une façon de vibrer ( un espèce de pendule composé d’une infinité de pendules simples...bon) mais c’est une image mécanique qui échappe à la question de fond, les rapports sont différentiels
la fraction 2/3 n’est pas un nombre c’est un nombre par convention qui établit une distinction entre nombres et rapport
de là à l’écriture algébrique x/y, entre deux variables, il y a une valeur du rapport pas nécessairement des termes
lorsqu’il s’agit de dx/dy on fait un pas de plus du côté de la variable qui devient évanouissante
z est la limite du rapport différentiel, tangente donc
sorte d’écriture de l’infini actuel
les ensembles infinis des corps simples n’existent pas indépendamment des rapports différentiels qu’ils effectuent
les ensembles sont en puissance
les rapports différentiels sont la puissance d’un ensemble infini
donc on parlera d’un ou moins grand degré de puissance d’un ensemble
rencontre d’un corps et d’un poison, décomposition des rapports, mort, je n’ai plus de parties,
les rapports caractéristiques d’un ensemble sont son essence
et l’existence n’est que ces parties extensives qui existent dans un certain rapport
ce qui disparaît dans la mort c’est l’effectuation du rapport, ce n’est pas le rapport lui même
il y a une existence de l’essence qui ne se confond pas avec l’individu
pour Leibniz il y a un possible, une tendance à exister de l’essence
pour Spinoza il ne s’agit que d’une réalité physique, aucune possibilité logique
des réalités physiques qui ne se confondent pas avec la réalité physique de l’existence
l’existence des corps dans l’étendue c’est lorsque effectivement ces corps sont tracés
c’est ça le plan d’immanence
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sentir et expérimenter que nous sommes éternels
quelque chose de très sensible, de très matériel, ça n’a rien à voir avec l’immortalité
l’individu a une infinité de parties extensives qui lui appartiennent sous des rapports caractéristiques, ce qui constitue un degré de puissance comme essence
et d’autre part il y a trois degrés de connaissance, d’abord les idées inadéquates, selon des perceptions du monde des signes
le second degré , c’est la connaissance des rapports, de leur composition et décomposition, nous pourrions dire que c’est le monde de la représentation, une connaissance qui s’élève à la représentation des causes, ce n’est pas une connaissance abstraite, même s’il y a là une allure mathématique qui est contenu et non pas contenant, il y participe un savoir qui peut être physico-mathématique mais savoir nager a plus à voir avec la rythmicité de la vague, ce n’est plus le choc avec la vague , il pourrait être inférer de même sur l’amour du premier type de connaissance, qui ne permet pas justement l’étrange bonheur de la composition des rapports caractéristiques d’un corps avec les rapports caractéristiques d’un autre corps
le troisième degré de connaissance prend en compte le degré de puissance de ces rapports, met en jeu un mode d’existence, une manière de vivre.
bien sûr l’individu peut rester au niveau des chocs et donc du malheur ordinaire régi par le mode d’ordre du politique
il n’y a pas de comparatif ni de limitation dans le choc des existences, de sorte que toute essence pour peu qu’elle advienne à l’existence peut être détruite par plus de puissance. à l’extrème, in fine “je suis mort”, il n’y a plus de parties extensives, aucun ensemble extrinsèque qui m’appartienne, je suis dépossédé, les termes sont effacés, demeure le rapport et son degré de puissance dans la réalisation de l’essence
il ne s’agit nullement d’une voie ascétique, Spinoza y voit le signe de la plus parfaite méchanceté, l’homme du ressentiment
l’individu est tout à fait libre de se désintéresser de son essence de sorte que lorsqu’il meurt, ce qui meurt avec son existence c’est la plus grande partie de lui même, c’est la non expérience de quelque chose qui n’est pas de l’ordre du temps
il s’agit ou non d’expérimenter la distinction entre la partie intensive de soi et les parties extensives, de savoir ce qui est important
une essence n’existe comme essence que dans la mesure où elle est passée par l’existence, jusqu’au point de ne pas exister ou alors au contraire d’avoir le temps de ranger ses affaires
la mort vient toujours du dehors, c’est à dire qu’il n’y a pas de pulsion de mort, la vieillesse aussi ça vient du dehors
que comprendre de la petite santé de Spinoza?
cette légère hypochondrie, cette distance vis à vis de l’inadéquat, de l’équivoque du signe sexuel, cette prolifération plus ou moins soutenue par la psychanalyse du chagrin sexué
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toute affection est une affection de l’essence, en tant que l’essence passe à l’existence et n’advient qu’au titre que l’effectuation réelle des rapports
les affections comme perceptions et représentations
certes ce qui semble , mais là on est dans une sorte de linéarité hiérarchique, l’essence aurait plus à voir avec l’idée adéquate, l’affect actif... mais voilà l’inadéquat aussi. C’est terrible ça parce que l’essence s’y trouve affectée d’inadéquat, de confus, d’affect-passion.
il y a un pouvoir d’être affecté qui est d’essence, et il n’est d’essence qu’au titre de cet affect
jamais il ne manque quelque chose
les affects viennent du dehors , ils ne viennent pas de l’essence, ils sont pourtant affects de l’essence puisqu’ils remplissent le pouvoir d’être affectés de l’essence
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Je ne vais pas commenter Spinoza et le problème de l’expression, je vais juste remarquer que le début de lecture est assez difficile, l’impression d’une paraphrase laborieuse du texte de Spinoza, scolastique et universitaire, de sorte qu’il vaudrait mieux passer alors directement à Spinoza, la question est toujours ouverte, il est donc question du style, le style du début donc... Est ce que la thèse de Lacan est pire en ce sens? Par contre ce type de travail me semble déjà plus marqué , plus lisible aussi chez Foucault, Barthes, Derrida ou Bourdieu ou même Levi Strauss. Peut-on inférer quelque chose là dessus? sur les conséquences d’un style qui ne viendrait qu’en chemin, à l’opposé du grand style, subit comme la poésie de Rimbaud.
Une des causes de l’aridité du texte de Deleuze est sans doute parce qu’il part de la théorie de l’Autre, qu’il en suit la tradition théologique jusqu’au niveau où justement le retrait de Descartes parce qu’il renonce à une crise fondamentale maintient un insu nullement religieux mais logique. Il faudrait suivre la trace du thomisme chez Descartes et de là chez Lacan qui joue avec les paradoxes du cogito. Mais si nous avançons que Spinoza amène les éléments d’une véritable critique de l’Autre, un véritable programme immanent, on ne peut ni négliger la place de l’Autre chez Leibniz et donc dans le champ physico-mathématique, on peut songer au Dieu de Newton. On peut aussi souligner en quoi la lutte contre tout trait de négativité chez Spinoza tire à conséquences radicales quant à un optimisme immanent.
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J’ai pu risquer que Spinoza n’aurait pas refusé le Hagakuré de Yamamoto, c’est à dire le livre des samouraïs, non que je prétende que faire seppuku soit spinoziste, du moins par la voie du sabre, car autrement il faut bien reconnaître que cette idée que le seppuku ne peut advenir que dans le cadre des idées adéquates est une idée spinoziste. Ainsi convient-il de se positionner hors des illusions colorées, c’est à dire de tout ce qui pourrait advenir comme semblant. Sur ce plan l’amour pourrait se trouver osciller entre une perception imaginaire qui participerait d’un choix névrotique, en deçà d’ailleurs de l’objet réel qu’il entraîne. Nous savons aussi que ce dispositif classique, celui de Freud, est subverti par une pratique actuelle telle que Dora se livrerait volontiers aussi bien au partenaire multiple qu’au glissement de parcellisation para-identitaire du corps, ce qui est une magnifique tentative collective d’éviter cette question du réel sous couvert d’un dépassement de positions bourgeoises ou anatomiques. On peut songer que ce dernier point renvoie à un effacement de la question de la jouissance féminine au profit d’une marchandisation du désir, et de fait une survalorisation de l’amour de l’autre comme idéalisation hors corps.
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