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the night of the hunter

the night of the hunter

 

belle conclusion partielle oh combien sur ce film de Charles Laughton, et tout de suite une nuance de taille, s’il n’y avait ce pasteur paranoïaque et pervers, ce film est un bondieuserie , paraboles, paroles édifiantes, bergerie avec bonne mère, Poppins, animaux bibliques, une rivière sauveuse puisque le tueur est hors de l’eau, eau lustrale qui chasse le démon, à part ça c’est une histoire terrible, le père est un tueur qui lie les enfants à ses meurtres, la mère, la fille, les femmes de manière générale sont stupides, livrées à leur instinct, les voisins sont pris à la crédulité religieuse, à l’opinion populiste, ce temps de crise, de misère dévoile le fond profondément antipathique de cette Amérique profonde, le faux pasteur est un tueur en série associé à un calculateur, mais c’est au niveau de la jonction entre la conviction éducative (la lascivité des femmes non éducable mérite la mort) et le jeu de domination psychique (auquel participe son chant d’annonce nocturne), c’est à ce niveau que le personnage est intemporel, quotidien, personnel, le mariage est asexué, et comme l’épouse semble amoureuse alors elle se met à prêcher cette vérité, ce qui ne l’empêche pas de finir au couteau puisque quoi qu’elle fasse elle est diabolique, ce qui nous donne cette superbe image que la morte cheveux au fil du courant, au creux donc de la rivière salvatrice, il y aurait beaucoup à dire du travail de Laughton , sur son esthétique expressionniste qui encourage le cinéphile à rapprocher les images, voire à se laisser bercer par les références bibliques au point de ne pas lire frontalement cette vision actuelle de l’american way of life

reste aussi cette bande son formidable qui se mélange à l’image pour en extraire justement le jus le plus bondieusant et le plus réel en même temps, et ce pasteur terrible est en même temps que psychopathe de service, son expression d’homosexualité meurtrière. Certes Laughton n’a pu filmer que cet opus comme s’il résumait en une fois ce que Welles, Hitch et Lang avaient apporté au cinéma, mais c’est bien sur aussi un conte de noël terrible comme tous les contes et soulignant la stupidité du désir qui reproduit l’enfant pour souffrir. Il y aurait à reconstituer les bandes sons, images et dessins pour noter le travail qui parfois prend des allures de papiers découpés comme si le livre d’images s’ouvrait parfois au milieu du récit où coule cet être de nature étrange qu’est la rivière où est enfouie la mère et que le diable ne peut approcher.

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