Violette Nozière
L’opus de Chabrol est vraiment hitchcockien , Huppert bien sûr magnifique, dans ce décor très méticuleux, horrible de réalisme sordide, le détail rend visible l’épuisement de la vie dans une proximité sans espoir, nous sommes tout autant dans le passage de Mort à Crédit, donc derrière le drame le hurlement qui monte, la peur et le meurtre généralisé, ordinaire, la scène tragique sans la haute lignée grecque, un pas de plus et le meurtre familial (Papin, festen) réglé par la peur du monde se systématise sur tout autre (Landru, Petiot, M), une fois la chose faite, à savoir l’empoisonnement supposé prescriptif pour guérir la maladie sexuelle héréditaire, Violette dévore le rôtit festif du soir, aucun espoir, l’amant est un gigolo inconsistant ou syphilitique, les jurés aussi médiocres que les parents, aussi médiocres que les profs ( Paresseuse, sournoise, hypocrite et dévergondée. D’un exemple déplorable pour ses camarades ) Violette après pourra vivre , personne ne semble pouvoir la tuer et les pères du peuple semblent excuser le meurtre fondateur, elle peut même se souvenir de son père en une émotion qui dépasse l’obscènité du contact, le contexte pré-fascite excite les représentations entre ordres nouveaux de droite comme de gauche, témoin le poème d’Eluard
« Violette rêvait de bains de lait
de belles robes
de pains frais
de belles robes
de sang pur
un jour, il n'y aura plus de pères
dans les jardins de la jeunesse
il y aura des inconnus
tous les inconnus
les hommes pour lesquels
on est toujours toute neuve
et la première
les hommes pour lesquels
on échappe à soi-même
les hommes pour lesquels
on n'est la fille de personne
Violette a rêvé de défaire
a défait
l’affreux nœud de serpents des liens du sang » .

