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Wild river

Wild river

 

Le film de Kazan se développe comme fiction issue d’un document, le fleuve Tennesse dévastateur. L’affaire se développe sur plusieurs plans, politique, Le New deal doit domestiquer cette nature sauvage et urbaniser ces paysans sauvages du Sud toujours attachés à des traditions dépassées. Mais c’est aussi l’amour qui vient perturber le programme du jeu fonctionnaire chargé d’acheter les terres nécessaires en particulier cette île perdue dans le temps, sorte de mémoire visante d’un rapport rude au monde. L’amour sera source effectivement de perturbation puisqu’il implique un croisement des classes faisant apparaître le maternalisme post sécession , la violence de la domination masculine et blanche, bref que la bergerie est aussi un enfer. La camera va jouer et sur le champ contre champ du couple mais en soulignant le caractère invalide de l’homme, urbain, accidenté et homosexuel qui plus est, et la femme vivante, volontaire, dictant le texte de l’amour jusqu’à un terme supposé heureux puisqu’elle réussit à s’arracher à son destin naturel et misérable, mais le couple lui même est captif du paysage, minuscule et perdu dans le brouillard. Ce que les conventions de l’amour archaïsent vient se retourner sans cesse dans cette lecture wild des rapports, wild love en quelque sorte.

 

« Oui, j’aime l’Amérique, et chaque film que je fais est une critique de l’Amérique. Mais pour moi, c’est un pays merveilleux, je m’estime heureux d’avoir pu y vivre. » 

« Au moment de faire le film, je l'ai trouvé dans un état épouvantable. Comme il est mort maintenant je peux le dire. J'adorais Monty Clift. J'avais le même genre de liens avec lui qu'avec Brando. Il venait chez moi me raconter ses problèmes et ma femme était pour lui une espèce de figure de la mère. Monty avait une quantité terrible de problèmes psychiques. Il arrivait même quelquefois qu'on ne puisse pas le regarder tant il souffrait. Je ne voulais pas l'engager parce que je ne pensais pas qu'il eût la force de jouer ce rôle. Je ne l'aurais pas pris si j'avais pu avoir Brando. Mais finalement je le fis avec lui. Avant le film il était tout le temps saoul. Je lui dis : " Monty, il faut que tu me donnes ta

 

parole d'honneur que tu ne boiras pas une goutte pendant ce tournage." (…) Et pendant le tournage il commença à aller mieux, à avoir plus de force et de confiance en lui. Et alors, environ trois jours avant la fin, Monty arriva sur le plateau, s'approcha de moi, me dit bonjour, et tomba tout droit sur le nez : il avait recommencé à boire. »

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