Entre deux
L’entre deux, propre à la NO, prend des allures mélancoliques une fois franchie le seuil potentiel du choix, car le sujet demeure malgré tout présent dans cette éclipse de l’hésitation sidérée, ce qui n’est plus le cas, lorsque l’objet dont il s’agit, s’efface temporellement du champ. Cette prise du temps, qui ne fut, ne peut trouver apaisement dans un regret mâchonné, car celui ci n’est possible que dans un espace-temps souple plastique, qui pourrait encore jouer sur le curseur du présent. Le continuum d’une activité professionnelle peut toujours venir lisser l’histoire au nom d’un projet qui porte au moins mécaniquement un demain identique au jour. Dès que l’investissement social porteur cesse, le sujet se retrouve réellement et non plus imaginairement dans un No man's land, entre deux morts, où le possible d’une autre main n’existe pas. Aucune activité de substitution n'est possible étant justement pas nature de substitution. Il ne lui reste plus que le jeu monotone des minutes ponctuant le désinvestissement des choses et de la pensée