L’interdit de la jouissance
Le terme de jouissance est autofondateur, il désigne une zone de trouble où le sujet ne se reconnaît qu’extrème, le réel tout aussi opaque conceptuellement n’est pas loin, jouissance insu que remarque Freud sur le visage de l’homme aux rats, tout chargé de cet excès justement qui animerait le meurtre du père, celui qui viendrait faire obstacle à la jouissance des femmes, mais l’encore trouble ce schéma qui parle entre phallique et sens, un Autrejouir qui eut son temps de délice verbal, le monde est compacifié et les parlêtres derrière leur écran internet cherchent à franchir les bornes du singulier pour un monde de satisfaction dont tout le monde extérieur les exclut, face à une zone x qui apparaît radicalement comme l’organisation même du monde, de leur monde, comme l’étudie Mathieu Trachman, dans la "production" pornographique hétérosexuelle.(cf son essai "Le travail pornographique - Enquête sur la production de fantasmes" . Et à côté, des hommes veulent interdire toute musique, recouvrir le corps féminin de toiles opaques, au nom du Livre, celui qui saurait y faire justement avec le dressage des jouissances, du moins des plaisirs. Les projections des religieux sur le sexuel vient se heurter violemment à la marchandisation libérale du sexuel. Les deux demeurant opaques à tout questionnement tiers. Le bornage que clôt la scène pornographique demeure opaque à cette célébration homéostatique, reste l’entropie sexuelle et les conséquences des formules de la sexuation, qui n’ont rien à voir avec l’étendard de la Vérité.
Dans le regard que je raconte il n’y avait que du feu, feu d’amour et de regret, feu tel, que, debout au pied de la croix, je me dépouillai de toutes choses (en fait le texte part des vêtements, et la traduction qui circule ressemble à celle qui efface le beau jeune homme de Thérése) par la volonté et m’offris tout entière, et avec tremblement, je fis voeu de chasteté, et accusant mes membres, l’un après l’autre, je promis de les garder sans tache désormais. Et je priais qu’il me gardât fidèle à cette chasteté: d’une part je tremblais de faire cette promesse ; de l’autre le feu me l’arrachait, et il me fut impossible de résister.
Ici Angele entre dans un dispositif radical de pur amour et de jouissance qui ne peut s’exercer que sur une terre «nettoyée»
Ce fut alors que Dieu voulut m’enlever ma mère, qui m’était, pour aller à lui, d’un grand empêchement. Mon mari et mes fils moururent aussi en peu de temps. Et parce que étant entrée dans la route, j’avais prié Dieu qu’il me débarrassât d’eux tous, leur mort me fui une grande consolation ( ici le traducteur est un peu embarrassé parce que Foligno n’y va pas par quatre chemins)
A partir de ce moment, quand on parlait de Dieu, mon cri m’échappait, même en présence des gens de toute espèce. On me crut possédée. Je ne dis pas le contraire ; c’est une infirmité disais-je ; mais je ne peux pas faire autrement.
Quelquefois, il se produit une affreuse et infernale obscurité où disparaît toute espérance, et cette nuit est horrible. Et les vices que je sens morts dans mon âme ressuscitent dans mon corps ; mais les démons les réveillent en dehors de l’âme, et en excitent d’autres qui n’y furent jamais. Je souffre alors particulièrement dans trois endroits du corps : le feu de la concupiscence est tel dans ces moments-là, qu’avant d’en avoir reçu la défense, je me brûlais avec le feu matériel, dans l’espoir d’éteindre l’autre.
Cette clinicienne remarquable se rend bien compte que ce qu’elle éprouve la déborde sans aucun recours de l’Autre, au contraire son ravissement exclut l’Autre
Mais je ne pouvais plus parler. Et si je voulais articuler au lieu de paroles, il ne venait que des hurlements, et je rugissais, je rugissais ; si j’essayais de dire un mot, il était couvert par un cri ; on cherchait à m’entendre, et on ne pouvait pas. Cela se passait à la porte de l’église de Saint François. Tout le peuple s’assembla, je rugissais en présence du peuple. J’étais assise en criant et j’étais languissante pendant que je rugissais
Charcot est bien loin de tout ça, lui qui officie pour cadrer ce qui justement déphalle
Quant au mystère même de la vision, il échappe à la parole.
en tout cas la parole devrait être de déflagration
il me sembla qu’un instrument tranchant me touchait, puis il se retirait, ne pénétrant pas autant qu’il se laissait entrevoir. Je fus remplie d’amour ; je fus rassasiée d’une plénitude inestimable. Mais écoutez le secret : cette satiété engendrait une faim inexprimable, et mes membres se brisaient et se rompaient de désir, et je languissais, je languissais, je languissais vers ce qui est au delà. Ni voir, ni entendre, ni sentir la créature. Oh ! silence ! silence !
Mais il y avait un cri au dedans. Oh! ne me faites plus languir ! Oh ! la mort ! la mort ! car la vie m’est une mort. La mort !
jouir à mort, jouir dans une traversée de la mort n’est point quelque régulation des plaisirs, car justement l’altérité s’y dissout