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Le liberté et la mort

Le liberté et la mort

 

Au moins on sera sûr dans cette affaire que ce qui était un truc sans consistance, à savoir l’existence, puisse prendre un sens de son terme . Parce que comment s’y retrouver, si on est un sujet banal, c’est à dire issu d’un couple standard moderne, avec ses revendications égalitaires légitimes, puisqu’on va supposer tout autant que la psychose est ici hors champ ,soit qu’elle ne parle pas en directe , cela pose un utilitarisme ordinaire qui voudra rectifier aussi bien le défaut du symbolique que celui de la différence sexuée avec certes une légère difficulté puisque l’enfant de cet idéal va produire un symptôme abondant de toxicomanie délinquance perversion, quand il n’a pas la chance d’une bonne compulsion, qui va au moins l’occuper en silence jusqu’à la fin, tous égaux donc tous automates, donc tous mis au pas d’abord de l'ordre noir appelé pour châtier les Socrates puis par un système enfin débarrassé de toute une série d empêchements depuis un père jusqu’au destin anatomique . L’efficace de la parole va trouver refuge dans un monde sectaire qui utilise le signifiant pour ce qu’il est , un pur effet sans explication, alors qu’il faut tout expliquer, psychologiser donc ce qui est une inscription par la parole dans une séparation d’avec le monde, mais aussi ce par quoi ce monde peut être vivant et intelligible et ce au prix d une certaine limitation de l’imaginaire (petite remarque opératoire, l’imaginaire comme forme du fantasme est aussi bien sûr dans une version second tour un dispositif remarquable d’exploration à condition de ne pas être substitué à la double contrainte et de la continuité d’avec le symbolique et du retournement déliaisant de la structure). Parce qu’après tout il y a un vrai scandale de vouloir exister en tant que parlêtre dans le flux du monde, de vouloir y inscrire son lieu comme ce qui relève non d’une forteresse entourée de flammes mais l’inscription d’un bornage du possible qui rend l’Autre à son lieu et non pas comme une source de menace incessante qui fait tempête sur toute chose ( le seul rival après l’autre, celui qui garderait pour lui la jouissance légitime sans payer le prix) et dont la singerie marchande n’épuise pas le flux; le semblant du monde phénoménal demeure ce flux de signes sans aucun rapport avec le signifiant d’où bien sûr cette pente a poétique qui va y préférer un manuel d’usage informatique, ce mode d emploi de la virtualisation du monde, là où enfin la différence d’un à l’autre n’a plus aucune radicalité mais demeure soumise à la rivalité nasale la plus sauvage; et il n’est plus que la police pour maintenir un ordre de morts vivants dont l’extension visible ne cesse de se reprendre au fil des jours dans des villes livrées à la dispersion . La littérature se souvient de ce monde de  Proust ou de Céline ou de Joyce, du temps des villes qui étaient déjà dans le déclin d’elles mêmes, les passages parisiens qui faisaient Monde comme le lit Benjamin; la commune marque l’occasion de mettre de l’ordre hausmanien, le retour de Crimée (parenthèse du tic qui reprend, même scène ou presque, cette fois c’est Poutine qui lutte contre les homosexuels fascistes de Kiev). L’homme doit une mort à la nature, rien je l’oblige à lui vouer un culte constant, la grimace immonde du consommateur retour du camp etc etc

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