Les fantômes du père
Ce qui est forclos dans le symbolique fait retour dans le réel sous forme hallucinatoire, cette formule laisse un bel avenir en ces temps de déclin du nom du père, ce mode ordinaire de réduction de la langue à un effecteur simiesque ; si le réel n’est pas ou peu inscrit comme présent dans la langue sous le jeu d’un signifiant électif, le trou qu’il organise dans la subjectivité va surgir n’importe où, et l’orée des tables tournantes qui signait l’implosion du monde bourgeois en un cauchemar universel va pouvoir se diffuser dans l’espace comme ces figures virtuelles qui remixent les mythologies en une bouillie sans épaisseur, et sans doute que si les dieux nordiques jouent aux billes avec les divinités africaines, les sujets vont pouvoir croire choisir la polysémie désarticulée des pères, le commandeur, le fantôme d’Hamlet, l’épouvantail de Schreber... selon les variations d’une identité de semblant où la structure pétille comme les effets moléculaires des drogues. S’il n’était quelques variantes d’un père hystérisé qui sourit de l’embarras du parlêtre à ne pouvoir jouir, la figure dominante sera bien extrait du fond imaginaire de l’homme aux rats, un père valdemarisé qui n’en finit pas de pourrir et qui articule un che vuoi d’un désir épuisé. Le père mutique revient réclamer quelque dû et d’une bienveillance autoritaire cherche encore à conduire la soumission des sujets faute d’avoir su offrir quelque ouverture en son palais glacé. Tant mieux alors si le fantôme de Jim Morrisson fait encore recette au père Lachaise.Il y a de fait une grande demande substitutive, celle d’entretenir la fantaisie de ce semblant.